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Appel pour une relance du christianisme social, pour des communes théologiques

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Article publié

Et le travail ?

samedi 9 octobre 2010, par :

A la demande des participants des participants à la journée de relance du Christianisme social le 2 octobre, un atelier thématique sur le travail a été rajouté à ceux prévus initialement. En voici le compte-rendu.

  1. Tour de table des motivations à venir à cette journée . Comment me positionner sur le terrain, dans mon travail en secteur social, en tant que Chrétienne ? Puis-je parler de ma foi ? Y vivre ma foi ?

. Pasteur à Sochaux. A Montbéliard, le temple est près de l’usine Peugeot. Il n’y a plus aucun contact avec les salariés ouvriers et quelques rares avec les cadres. Comment reprendre contact ?

. Pasteur évangélique dans la banlieue de Montbéliard, j’ai pu constater la perte de contact avec le monde ouvrier. Les syndicats sont toujours revendicateurs. Ils témoignent de la souffrance au travail mais restent sans proposition. Quant à l’Eglise, elle a un discours dans le vide. Comment sortir de cette impasse ?

. Comment le christianisme peut se vivre dans le travail ?

. Il y a la MIRP, Mission de l’Industrie en Région Parisienne. Une équipe autour d’ O. Maes anime un Espace éthique protestant dont l’un des axes porte sur l’éthique professionnelle. A l’université dont je suis vice-président, l’équipe présidentielle connait mes engagements et il m’arrive d’en parler ; mais comment mon action s’en nourrit-elle ?

. Catholique d’origine, je suis hors religion. Je suis passé par ATAC, les sans papiers. Je suis instit. Je suis très inquiet par la mise en place de notations au mérite et l’arrivée d’inspecteurs qui démontent les collègues. Les syndicats et les églises n’ont rien à dire. J’évite de parler de ma foi, surtout dans les quartiers difficiles où je travaille car l’Islam est présent. Question : comment transformer le service public ?

. Je suis président du MIRLY (Lyon). La mission populaire travaille sur les thèmes de l’insertion. Il y a une plaquette sur le bénévolat par exemple. Thème prioritaire : revenu/travail/justice. Je m’occupe surtout du non travail. Je suis intéressé par le travail et le non travail. Et la transition entre les deux.

. Je suis directeur d’un centre de réfugiés et je rencontre aussi des détenus de centrales sur des problèmes d’accès aux papiers. Les détenus me parlent aussi de leur travail, un travail débilitant. Ils sont en errance. Se pose toute la question de la relation au travail. Il faut retrouver la noblesse du travail. Il y a une distorsion insupportable entre le travail et la finance. Cela inspire la nausée.

. Retraité, ancien pasteur, banquier et prof d’université, je constate une perte de valeur spirituelle du travail. Les travailleurs ne rêvent pas. Le travail est une expérience du temps. Comment le travailleur peut-il donner du sens à son produit ? Surtout quand il fabrique de l’armement ou travaille dans la finance ?

. Descendant d’une famille Cévenole, je suis revenu au protestantisme à 40 ans. Professionnellement, j’ai choisi l’expertise pour ne pas avoir à renoncer à mes valeurs ce que le management m’aurait contraint de faire. Ayant ½ temps syndical et ½ temps expert informatique, je pilote pour une fédération la négociation sur les risques psychosociaux (DARCOS). Les accords d’entreprise sur les risques psychosociaux conduisent à la construction d’outils pour que les managers puissent prévenir ces risques, le jeu syndical consiste à imposer l’écoute, la participation et l’éducation des salariés à ces risques. Le discours d’entreprise est de renvoyer à l’individu (car certains sont fragiles), le jeu syndical est de dénoncer l’organisation du travail qui doit être repensée avec les salariés eux-mêmes.

Pour ma part, j’ai relevé quelques points de départ issus de l’atelier « travail »

  • Ouvriers : Où sont-ils. L’église est déconnectée du monde du travail
    que des cadres chrétiens et des dirigeants chrétiens.
  • Syndicats : actions revendicatives, débat qui tourne court,
    témoignent d’une souffrance au travail, manquent de recul, ont du mal
    à être dans la prospective et la proposition.
  • Monde hostile aux manifestations de la foi. Ne jamais parler de sa
    foi.
  • Comment peser sur le mode de prise de décision, sur le mode de
    management ? Management par objectif dans l’éducation, là aussi.
  • Manager avec des idées sociales. Doit-on se démettre, est-il possible
    de travailler avec ses valeurs ?
  • Soutien interpersonnel, mais qu’en est-il du soutien collectif ?
  • Valeur travail : du travail à la transition vers le non-travail.
  • Penser le bénévolat, l’éthique, la gratuité.
  • Distorsion de la finance et du travail.
  • Travailler sur l’entraide, nécessité de la repenser.
  • Sens de son travail, valeur spirituelle du travail.
  • L’éthique protestante, gens voués au travail, rapport à l’œuvre, être
    utile,
  • Toujours changer (non) … Interpréter, raconter ce qu’on fait
  • Transversalité, ceux qui s’ignorent ne marchent pas vers une utopie
    collective.
  • Structure, organisation, qu’importe ce ne sont qu’outils de l’action.
  • Qu’est-ce que je fais de ce Christianisme Social  ? . Comment être fière de son travail ? Comment concilier valeurs personnelles et travail ? Comment agir, comment ça change les pratiques ?

. La révélation des souffrances des salariés de France Télécom et notamment la découverte de ce qui a été demandé aux cadres m’ont effrayée. Ayant été moi-même consultante en organisation et formatrice en management, je suis horrifiée et n’imagine pas pouvoir revenir à ces métiers un jour. Que peut-on faire pour que les salariés ne soient plus en souffrance ? Comment vivre des valeurs chrétiennes dans un monde du travail qui prétend avoir des valeurs assez proches et se révèle harceleur et parfois tortionnaire ? Qu’est-ce qu’un manager chrétien social ? Peut-il faire autre chose que fuir l’entreprise ? Peut-on être un patron chrétien ?

  1. Echanges et tentatives pour trouver des pistes de prolongation Au-delà du manager, n’est-ce pas l’Europe qui pousse toujours à aller de l’avant ?

Ne faut-il pas aller chercher les valeurs ailleurs que dans le travail ? Par exemple dans les relations que je peux avoir avec les autres ?

Le travail est toujours humain. Car si l’humain n’est pas dans le travail, où pourrait-il être ?

  1. Ebauche de liste des problématiques soulevées
  • La relation au produit de son propre travail : comment être fier de son travail, de ce qu’on produit ? L’éthique protestante induit-elle absolument une relation particulière à l’œuvre ?
  • Comment articuler foi et engagement professionnel ? En quoi notre foi/ notre engagement chrétien peut-il / doit-il influencer notre rapport au travail, aux autres, et surtout comment cela nous permet-il de changer nos pratiques quotidiennes au travail (évaluation, prise de décision, relation aux autres, au conflit, au pouvoir et à l’autorité, dimension collective vs individuelle, etc.).
  • Comment / faut-il parler de sa foi dans son environnement professionnel ?
  • #1 Le 13 octobre 2010 à 07:40

    Je souhaite rentrer en contact avec l’animateur de ce groupe de
    travail
    Jean Pierre Caldier
    Ap2E - Agir pour une Economie Equitable



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