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Appel pour une relance du christianisme social, pour des communes théologiques

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Article publié

S’abstenir, c’est aussi exercer son droit de vote

dimanche 30 avril 2017, par :

Martin Luther, dont les protestants vont fêter, comme il se doit, le 500ème anniversaire de l’affichage de ses thèses flétrissant le commerce des indulgences, a apporté une contribution originale, osée et innovante pour son époque à la liberté de conscience. Certains iront même à dire qu’il en a le premier posé les bases… Qu’importe, sa vie, pas toujours exemplaire au demeurant dans ses choix politiques, n’en fut pas moins un témoignage de cette liberté qu’il convient de revendiquer encore et toujours : « L’âme n’est pas soumise au pouvoir de César, disait-il, il ne peut ni l’instruire, ni la guider, ni la tuer, ni lui donner vie, ni la lier, ni la délier, ni la juger, ni la condamner, ni la retenir, ni l’abandonner… »
Pour Luther sans aucun doute, la conscience est assimilée au for intérieur, au siège des convictions personnelles, morales et éthiques, de l’individu. La liberté de conscience, c’est donc d’abord la liberté de chacun d’adhérer aux convictions de son choix.
Il est important de le rappeler en ces temps où l’insulte et le mépris s’énoncent clairement, depuis quelques jours, envers tous ceux qui, dans leur for intérieur et au nom de la liberté de conscience, ont fait le choix, pour des raisons diverses, de s’abstenir au 2ème tour des élections présidentielles.
J’en suis et je le revendique.
C’est une liberté que j’assume pleinement. A vrai dire depuis longtemps mon bulletin est blanc et je n’en ai aucune honte. Et pour cause, l’abstention électorale n’a rien de honteux puisqu’elle est l’une des modalités d’exercice de sa citoyenneté, parmi une infinité d’autres, correspondant à la multiplicité des droits. Et qu’il ne prenne à personne l’idée de dire qu’en cela je n’accomplis pas mon « devoir de citoyen ». Mon devoir de citoyen je l’exerce autant que faire se peut et depuis fort longtemps. Mais, il ne s’est jamais résumé à simplement glisser un bout de papier dans une urne. La citoyenneté, c’est tout ce que chacun peut faire, à titre personnel, pour défendre les libertés publiques, les droits sociaux et la démocratie contre les abus des autorités étatiques.
La démocratie mérite mieux que de se donner bonne conscience à travers un vote quel qu’il soit.

J’entends évidemment tous ceux qui diront que beaucoup se sont battus pour le droit de vote. Certes c’est vrai et c’est tant mieux. Mais cela n’entraîne aucune obligation morale. Beaucoup ce sont battus pour le droit de grève et de manifester mais cela n’entraine aucune obligation à arrêter son travail. Beaucoup ce sont battus pour le droit d’aller et venir mais nous pouvons apprécier le fait d’être casanier. Beaucoup se sont battus pour le droit à la santé mais il n’y aucune raison d’être malade…Beaucoup ce sont battus pour le droit de propriété mais il n’y aucune obligation à devenir propriétaire. Alors oui, incontestablement, fruits de luttes, le droit de vote ouvre une liberté : celle de voter ou de ne pas voter. Si le citoyen opte pour le vote il a la liberté de voter pour le candidat de son choix, de voter blanc ou de ne pas y prendre part. Autrement dit, s’abstenir, c’est bien exercer son droit de vote, mais d’une manière tout aussi respectable que celle des autres.
Quand au fait d’assimiler la démocratie à l’État de droit et au vote, qui ne serait pas respecté par l’abstention, cela entretient une confusion générale sur la nature des régimes aujourd’hui en place dans le monde. Convenons au moins qu’il y a de nombreux régimes où les citoyens votent, et même librement, mais où l’État de droit n’est, pour le malheur des peuples, en rien effectif.

Reste, pour l’heure, l’élection présidentielle française qui oppose Emmanuel Macron à Marine Le Pen. C’est bien cette élection qui génère sont lot d’anathèmes, tous aussi stupides les uns que les autres, à l’encontre de ceux qui font le choix de l’abstention. Citons par exemple celui de l’écrivain Serge Joncour que veut que : « Ne pas aller voter dans de telles circonstances c’est laisser aux autres la responsabilité. C’est donc faire le choix d’être irresponsable. » Ou encore le mot violent du dessinateur Xavier Gorce : « qui ne vote pas Macron est un salaud. Point. » Jusqu’à l’idiotie de l’ancien maire de Paris Bertrand Delanoe : « Vous savez, dans les années 30 en Allemagne, l’extrême gauche n’a pas voulu choisir entre les sociaux-démocrates et les nazis. Hitler a été élu par le suffrage universel. »
Il est intéressant de constater combien, autrefois réputés honteux, le vote FN ne l’est plus tout à fait. Ce qui abasourdissait en 2002 n’empêche même pas d’aller faire la fête dans un café de renom le soir du premier tour. Parallèlement, en revanche, c’est désormais l’abstention qui demeure frappée du sceau de l’infamie. S’abstenir revient à se rendre coupable du crime de lèse-démocratie et même de faire le lit du « fascisme ». C’est ce que nous apprend présentement la propagande électorale particulièrement violente sur les réseaux sociaux.
Arrêtons avec ces clichés, ces balivernes et autres billevesées. D’abord en rappelant que dans les années 1920 et 1930, l’accession au pouvoir des régimes fascistes a été favo­risée et soutenue par de larges fractions des oligarchies nationales, en parti­culier par les grands groupes industriels. Quand Bertrand Delanoë avance que « dans les années 30 en Allemagne, l’extrême gauche n’a pas voulu choisir entre les sociaux-démocrates et les nazis. Hitler a été élu par le suffrage universel. » Il oublie que le fascisme est avant tout l’expression de la contre ­révolution. C’est l’écrasement sanglant en 1919 et 1923 de la révolution allemande, c’est l’assassinat des révolution­naires comme Rosa Luxembourg et Karl Lie­bknecht, par la gauche de l’appareil politique de la bourgeoisie, la social-démocratie (et oui) qui a permis l’avènement du nazisme. C’est la ré­pression de la classe ouvrière après l’échec du mouvement des occupations d’usines à l’automne 1920 par les forces démocratiques du gouvernement Nitti (et oui) qui a ouvert la voie au fascisme italien…

Mais surtout arrêtons de dire que l’abstention fait le lit du Front National. D’une part l’abstention ne saura jamais faire ce qu’a fait François Mitterrand, et ses plus puissants amis et conseillers, dans la décision d’installer le Front national au plus haut niveau imaginable de la représentation politique afin de se maintenir coûte que coûte au pouvoir, malgré une impopularité évidente.
D’autre part, aujourd’hui, celles et ceux qui font le lit du Front National sont d’abord celles et ceux qui ont voté et qui vont voter pour elle au deuxième tour de l’élection présidentielle. Et certainement pas les abstentionnistes. Par contre, ce sont aussi, et peut-être principalement, celles et ceux qui, dirigeant à un titre ou à un autre notre pays depuis trente-cinq ans, ont ruiné la confiance de nombreux électeurs et concitoyens en ne les aidant pas à faire face aux effets de la mondialisation (stagnation ou déflation salariale, précarisation, chômage, fin de l’ascension sociale) et aux problèmes quotidien (quartiers difficiles, problèmes de logement, déshérence de l’école, instabilité démographique…).
Dans tous les cas, ceux qui permettent l’avénement du FN ce ne sont pas les abstentionnistes mais ceux qui au nom d’une posture de supériorité morale de la France s’évertuent à ne pas prendre au sérieux ce que disent les classes populaires de ce pays, les gens « ordinaire, les gens de peu, les diminués du social les sans parts…

Le 7 mai, il est improbable que Marine Le Pen arrive au pouvoir. Mais, ce n’est pas impossible si l’on se souvient du précédent de 2005 où malgré l’écart des sondages initiaux donnant un niveau d’au moins 65% pour le Oui celui-ci se retrouva minoritaire en quelques jours. Donc effectivement tout peut arriver. Mais je fais parti de ceux qui pensent, et c’est ma libre opinion qui vaut celles des autres, qu’il ne peut rien arriver de pire au FN que d’accéder au pouvoir. Le fiasco sera retentissant. Il n’est pas sérieux de craindre que le FN au pouvoir instaure un IIIèm Reich à la française. C’est absurde. Cela l’est d’autant plus que partout, dès qu’ils doivent gérer, les partis « populistes » actuels renient leur pro­gramme, abandonnent une partie de leurs oripeaux idéologiques et se reconvertissent en aile droite ultra-libérale et pro-européenne. Quoiqu’elle fasse, avec son programme mensonger et irréalisable, il en sera de même pour Marine Le Pen.

En tout cas, ce risque ne me poussera pas à choisir Emmanuel Macron. A mes yeux, il poursuit la logique implacable du capitalisme qui transforme l’Homme et relègue la politique à un simple instrument de soutien aux intérêts privés. C’est la mort programmée et annoncée de toutes les conquêtes sociales arrachées de haute lutte contre le grand patronat depuis la révolution industrielle. C’est l’abandon de la voix de la France au profit d’intérêts financiers qui veulent sa perte et y réussissent fort bien jusqu’ici. D’ailleurs la Bourse ne s’y est pas trompé en prennent 4 points dès le lendemain des résultats du premier tour.
Mais je vais encore plus loin dans mon opinion.
Je fais parti de ceux qui considèrent que derrière le néolibéralisme, qu’incarne si bien Emmanuel Macron se cache un extrémisme. Celui qui frappe chaque sphère de nos sociétés et chaque instant de notre époque. Depuis longtemps déjà le néolibéralisme a assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion. L’État est maintenant au service de l’économie et de la finance qui le traitent en subordonné et lui commandent jusqu’à la mise en péril du bien commun.

Mon abstention est un choix éminemment politique qui fait d’autant plus sens, en ces temps où on voudrait imposer à chacun une discipline contraire à la liberté de pensée de conscience et d’opinion. La liberté de se déterminer en toute indépendance, en dehors de toute pression, quelle qu’elle soit et d’où qu’elle vienne, ne se négocie sous aucun prétexte.
Au final, que chacun fasse ce qu’il lui semble bon. Respectons ces choix : soit voter en leur âme et conscience pour celui ou celle qu’ils considèrent comme le moindre danger, entre le néolibéral décomplexé Macron et la démagogue nationaliste Le Pen ; soit s’abstenir ou voter blanc afin de marquer leur profond rejet de ces deux faces d’une même désillusion.
Et, ensuite, quel que soit le résultat des élections c’est à chacun, puisque nous sommes encore dans un État de droit, de devenir garant de la légalité et de s’investir comme il se doit sur le terrain, en opposant, dans le rejet de toute forme de violence, la force du droit à des gouvernements qui se fourvoient…

Pasteur Jean-Paul Nuñez

  • #1 Le 30 avril à 14:21, par Bourgue

    Cher Pasteur Nunez,
    je suis de souche protestante vaudoise, du Luberon, je vous transmets un texte que j’ai écrit il y a quelques mois :
    L’ABSTENTION COMME NOUVELLE FORME D’EXPRESSION POLITIQUE
    Ce qui est un « acte citoyen », ce n’est pas de choisir parmi des candidats qui ne nous satisfont pas, c’est de réfléchir et de poser un choix.
    L’ABSTENTION ASSUMEE en est un, c’est un geste politique fort, elle ne peut être interprétée seulement comme une indifférence et une panne de civisme.
    Le respect des libertés individuelles doit garantir le droit de NE PAS VOTER pour qui ne cautionne pas le système actuel. Ainsi Le droit de NE PAS ELIRE acquiert une réelle légitimité.
    L’ABSTENTION joue de plus en plus un rôle décisif car le vote blanc qui devrait posséder un pouvoir invalidant permettant de révoquer une offre politique qui serait jugée inappropriée, n’est pas reconnu.
    Par ailleurs, l’idée d’une participation directe des citoyens a aussi gagné en légitimité et s’est peu à peu affranchie des bannières partisanes.
    L ’ABSTENTION permet de se sentir davantage citoyens et plus engagés qu’au travers de l’usage classique de la médiation politique des partis et de la délégation de mandat octroyé par le vote.
    La participation politique se fait aujourd’hui à partir de plusieurs scènes d’expression citoyennes et de plusieurs répertoires d’action : le vote, l’ABSTENTION et la manifestation.
    L’ABSTENTION progresse donc, quel que soit le type d’élection, en France comme dans nombre de pays européens.
    La diffusion du phénomène d’ABSTENTION contribue à sanctionner un système politique non adapté, à redéfinir les modalités et prérogatives de la participation des citoyens en politique.
    En 2017, “j’assume de ne pas participer à un mode de consultation politique qui ne me convient pas, je m’abstiens !”.

    27 janvier 2017 ; Texte écrit par Elisabelle BOURGUE.


  • #2 Le 30 avril à 21:45, par J. Grauling

    En l’état actuel des choses, s’abstenir est donner un demi-vote à chacun des deux candidats du second tour.
    Et rien ne me fera avaler vos balivernes et billevesées, genre "entre la peste et la choléra"... C’est juste l’expression de celles et ceux qui refusent le compromis, des jusqu’au-boutistes, des révolutionnaires, des anarchistes. C’est peut-être votre choix, pas le mien.
    Le Pen n’aura pas de demie-voix de ma part ! Surtout que M. Macron est autrement plus respectable que M. Chirac en 2002.
    Ce nouveau capitalisme-bashing des temps nouveaux m’intrigue grandement. Comme si la chute du communisme n’avait jamais eu lieu. Comme si les logiques comptables (la dette) n’avaient pas la moindre réalité. Vous vivez dans l’utopie, chères Françaises et Français.
    J’y préfère la vision d’une économie de marché à visage humain et humaniste d’Emmanuel Macron.


  • #3 Le 30 avril à 22:40, par Machoel

    Tout à fait d’acccord avec J Grauling. Le programme économique de Le Pen serait une catastrophe économique pour les français et surtout pour les plus pauvres. Les plus riches eux partiront ou mettront leur argent à l’abri. Il est révoltant de ne faire aucune différence entre libéralisme-social et extrémisme de droite xénophobe-raciste. Comme l’écrit Stéphane Guillon à propos de Jean-Luc Mélenchon "un grand mouvement avec un petit monsieur à sa tête incapable de faire barrage au FN...".
    Si vous ne voulez pas du projet de Macron allez voter pour une autre liste aux législatives mais au 2ème tour de la présidentielle soyez responsables, votez Macron pour éviter le pire !


  • #4 Le 1er mai à 11:22, par Stéphane Petit

    Bonjour, Jean-Paul Nuñez, je vous cite :
    "Mais je vais encore plus loin dans mon opinion. Je fais parti de ceux qui considèrent que derrière le néolibéralisme, qu’incarne si bien Emmanuel Macron se cache un extrémisme. Celui qui frappe chaque sphère de nos sociétés et chaque instant de notre époque. Depuis longtemps déjà le néolibéralisme a assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion. L’État est maintenant au service de l’économie et de la finance qui le traitent en subordonné et lui commandent jusqu’à la mise en péril du bien commun."
    Mon engament à gauche depuis 55 ans m’a une fois coûter cher aux miens et à moi-même. J’ai voté et je vais voter Macron ! Mon ancien camarade Mélenchon, ce beau parleur qui aujourd’hui n’ose plus dire qu’il est à l’extrême gauche. Qui fait des promesses irréalisables et surtout qui joue sur le culte de sa personnalité...La pire des attitudes. J’ai milité pour l’autogestion... et j’ai essayé de l’appliquer... Je connais mieux que lui et d’un grand nombre de ceux qui le soutiennent, le monde des sans-grade que j’ai toujours défendus en actes et non en paroles démagogiques. Les harkis, en tant que cadre de l’armée en Algérie, les ouvriers et ouvrières d’une usine, en tant que directeur, mes employés en tant que chef d’entreprise, où j’ai appliqué les 32 H, les détenus d’une prison de mon département, les personnes âgées d’une maison de retraite et encore à ce jour je continu a FAIR dans le sociale et le culturel. Je suis donc un social traître comme m’ont qualifié il y a quelques années, certain de mes camarades, anciens trotskards, bien reconvertis dans la fonction publique qui n’osaient pas s’afficher comme membre du PS.!
    "Barrons la route à ce connard qui n’est qu’un pantin que s’est choisi la finance mondiale apatride dépourvue d’humanisme ! "
    Voilà entre autres belles pensées politiques que l’on peut lire sur les réseaux !
    Je vous ai lu et votre liberté est à vous et je ne la conteste pas. Mais vous portez un jugement sur Macron. Cela me touche et même me peine, je me sens insulté. Stéphane Petit baptisé comme vous, en votant Macron je ne trahis pas mes idéaux. Belle journée à vous.
    Encore un mot : Est-ce que cela vous ferait plaisir que je dise : derrière vous se cache un extrémiste "rouge brun"...Heureusement : tout ce qui est extrême est vain .


  • #5 Le 1er mai à 12:19, par Daniel Alexandre

    Jean Paul est neutre. 11 candidats au premier tour et il était neutre. Le fn au second tour et il est toujours neutre.
    Il est au dessus de ça et depuis longtemps d autant qu’ il peut se le permettre. Aucun risque pour son job aucun risque pour son bien aucun risque pour les siens. Il est donc libre de faire le pari du pire en supposant qu’un quinquennat sous le pen comme sous Macron vaccinerait nos concitoyens. Il pourra alors perorer à loisir en mode je vous l avais bien dit.

    Moi je vois grandir depuis 4 ans trois minots sans papiers qui m appellent papi. Si le pen passe les neutres deviennent ipso facto mes ennemis. Et s il y a bien quelqu un qui en la matière ne pourra pas dire qu’ il ne savait pas c est bien Jean Paul.

    Papi Daniel, Montpellier.


  • #6 Le 1er mai à 14:38, par Philippe Vinsonneau

    S’abstenir c’est une fausse excuse pour justifier de sa flegme ! Si vous ne pouvez pas choisir entre deux projets criminels pour notre pays, le populisme raciste et la violence néo libérale, vous devez impérativement mettre un bulletin BLANC qui signifie : je refuse vos propositions.
    CET ACTE CITOYEN vous donnera ensuite pendant cinq années le DROIT DE VOUS EXPRIMER !
    S’abstenir signifie - ni plus ni moins - : j’en ai rien à foutre, je comprends rien, je préfère aller à la pêche, ALORS VOUS NE SEREZ PAS AUTORISÉ À CONTESTER QUOI QUE CE SOIT DANS L’AVENIR … C’EST CLAIR…. VOILÀ ce que signifie une abstention…
    ( en tous les cas - moi - lorsque quelqu’un ronchonne, de suite je lui demande : t’as été voter ???? )
    Merci de ne pas semer le doute en proposant des faux prétextes et laissons reposer Martin en paix dans cette affaire …
    Fraternellement


  • #7 Le 1er mai à 14:46, par Maïeul

    Peut-on éviter les anathèmes ? Personnellement j’irais voter Macron, mais si je devais ne pas m’exprimer, je m’abstiendrai, pour une raison simple : on relève les chiffres de l’abstention dans les médias, pas le vote blanc.

    De plus, l’argument de Philippe Vinsonneau pourrait être renversé par les abstentionistes : tu as voté ? ca veut dire que tu cautionne de choisir tes maîtres, dont tais toi.

    Alors si on pouvait éviter les positions caricaturales, ce serait bien.


  • #8 Le 1er mai à 14:49, par CHEL Gabriel

    Voici la position de Jacques Gaillot
    qui devrait paraitre bientôt dans le Huffington Post

    Vous n’aurez ma voix.

    Le Front national reste plus que jamais un danger pour la société. Un danger aujourd’hui à l’occasion des élections présidentielles et un danger pour demain. Mais qui en a peur ? Qui le combat ?

    « Celui qui combat peut perdre. Celui qui ne combat pas a déjà perdu. » Bertolt Brecht.

    Le Front national n’a cessé de progresser au cours des années et s’est imposé dans le paysage politique. Il s’est nourri du terreau de l’injustice.

    Car nous sommes dans une société où de plus en plus de perdants sont laissés de côté alors que les gagnants s’arrogent tous les droits. Une société où le fossé des inégalités se creuse de façon vertigineuse, alors que la corruption prospère. Une telle société qui prive les exclus de leurs droits fondamentaux, ne peut que nourrir les discours anti-immigration et anti-européen du Front national.

    Je ne peux oublier que la France, est le pays des Droits de l’Homme, une terre d’asile avec sa tradition d’accueil et son passé d’aide aux opprimés. L’Europe est vouée au métissage.

    L’avenir n’est pas dans la fermeture des frontières mais dans la solidarité entre les peuples. Tout homme est un frère.

    Je suis scandalisé que des catholiques puissent voter Marine Le Pen, alors qu’un message de fraternité traverse les Evangiles : « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli »

    Non, le Front national n’aura pas ma voix. Je voterai Emmanuel Macron.

    Jacques Gaillot

    Evêque de Partenia


  • #9 Le 2 mai à 16:18, par pasteur Michel Jas

    "Le 7 mai, il est improbable que Marine Le Pen arrive au pouvoir" : je l’espère, mais parce que j’ai peur du contraire je ne suis pas d’accord avec mon collègue et ami Jean-Paul Nunez !...


  • #10 Le 2 mai à 18:54, par martin bellie

    "S’abstenir, c’est aussi exercer son droit de vote"... en faveur de Marine Le Pen !!

    N’y a-t-il pas des moments où il est nécessaire de mettre en sommeil ses options idéologiques ? Il sera toujours temps de faire de la politique après les élections qui ne sont pas l’alpha et l’oméga de la démocratie ...

    Et que sera le discours de ceux qui expriment aujourd’hui "leurs pudeurs de gazelle" si le FN l’emporte le soir du 7 mai ?

    La politique du pire, c’est quoi ? une stratégie révolutionnaire ?

    Pour ma part, j’aurai fait le nécessaire pour contribuer à éviter ça.


  • #11 Le 3 mai à 00:13, par Jean-Luc Mouton

    Le raisonnement de Jean-Paul Nunez, pour respectable qu’il soit, revient à dire que le FN, au fond et après tout… ce n’est pas si grave. Pourquoi ? Parce qu’ils n’appliqueront certainement pas leur programme, juge-t-il. Donc pas de danger.
    Voire. Personne n’en sait rien à la vérité. Et la belle liberté, l’Etat de droit et la République qu’il chérie, et que nous chérissons tous, peuvent tout aussi bien disparaître ou du moins être profondément abîmés. Qui nommera les responsables de la police, des renseignements généraux, de l’armée… si Marine le Pen est élue présidente ? Avec quelles conséquences pour les plus petits, les étrangers, les plus pauvres et les plus fragiles ? Faut-il prendre ce risque, sous prétexte que Macron serait libéral ?
    Si l’extrême-droite se convertit, comme il le dit in fine, en parti néolibéral quel intérêt à lui laisser le pouvoir en s’abstenant ? Sauf à penser, comme tous ceux qui sont tentés de voter FN, qu’il faut aujourd’hui "renverser la table". Qui ne doute en effet des manifestations, blocages, et autres violences urbaines, (sans parler de l’effondrement des marchés… dont on se moque, bien entendu !) après la victoire de l’extrême droite ?
    Je crois malheureusement que le chaos n’engendre que le chaos. Il ne peut rien sortir de bon de l’effondrement de notre société, même libérale, injuste et inégalitaire. Je crois bien au contraire à sa fragilité et à l’impératif de préserver les acquis de toutes les conquêtes sociales et de liberté qui sont les nôtres. Quitte à profiter encore de cette liberté pour défendre pied à pied les avancées sociales auxquelles nous sommes attachés contre les supposées attaques du libéralisme, version Macron.
    S’abstenir, c’est jouer à l’apprenti sorcier.
    Si Macron n’est pas l’idéal, il reste au moins un rempart contre une aventure dangereuse et un désordre assurés. S’abstenir ou voter blanc n’est tt simplement pas raisonnable aujourd’hui.
    Jean-Luc Mouton


  • #12 Le 3 mai à 11:35, par Christian Renoux

    Cher Jean-Paul,

    Personnellement, je trouve plus juste cette prise de position de Mme Taubira :
    http://speech.konbini.com/news/speech-de-christiane-taubira/

    Bien à toi
    Christian


  • #13 Le 3 mai à 14:57, par Jean Alexandre

    L’abstention militante ou la maladie juvénile

    Mon cher Jean-Paul, tu défends l’abstention face à Le Pen, moi le vote pour Macron. C’est ton droit et c’est le mien. Point. On pourrait en rester là mais ton texte va plus loin, et sur bien des éléments, je pense que tu y raisonnes comme une marmite. Voici pourquoi en quelques points :

    Sache d’abord qu’il n’y a ni bonne ni mauvaise conscience dans mon choix, ni dans mon refus du tien, comme tu le prétends, il s’agit là de catégories qui ne me conviennent pas, je suis moi aussi capable d’en appeler à Luther à ce propos.

    Tu rappelles que Macron, c’est le capitalisme sous sa forme actuelle, particulièrement nocive. Bon. Grande découverte. J’ai toujours milité contre cette peste-là, parfois physiquement. Et pourtant je vais voter ainsi. Parce que ce moment (kaïros pour les pédants) n’est pas celui de la lutte des classes mais celui de l’antifascisme. On ne construit pas la maison du socialisme, on arrête le feu. La construction c’est après, lors des élections législatives.

    Tu fais comme s’il n’y avait pas eu un avant à cette situation : un refus d’alliance de la part des formations de gauche, refus qui nous a menés où nous en sommes. On crée la possibilité d’un finale Macron-Le Pen, après on en refuse les conséquences. Comportement de ceux qui ne peuvent s’allier qu’avec leurs semblables… ce qui limite les possibilités.

    Tu te targues de ne pas accorder systématiquement au vote de valeur opérationnelle dans la lutte anti-capitaliste. Je vois ça, cela s’inscrit dans une vieille distinction entre luttes concrètes et débat parlementaire. La distinction me paraît valable mais elle est inopérante, voire contre-productive, si elle se transforme en opposition. C’est là aussi que doit jouer la dialectique.

    Tu prétends que Le Pen au pouvoir, ce ne serait pas aussi grave qu’on veut bien le dire car ça ne tiendrait pas. On a vu ça ailleurs, et ça a toujours brisé des milliers de vies avant qu’on ne puisse ramener les fachos à la raison. Je m’en tiens donc au dicton qui dit que qui veut manger avec le diable doit avoir une grande cuiller… que tu n’as pas, puisque tu refuses l’alliance dite républicaine, c’est-à-dire bourgeoise. Le coup des mains propres… mais sans les mains.

    Tu dis que Le Pen au pouvoir, d’ailleurs, ça n’arrivera pas. Peut-être, mais grâce au vote de gens comme moi. Merci de ta confiance, tu me charges de tes péchés. Je me souviendrai de ne pas voter pour les gens de ta préférence, je ne verrais pas trop de fiabilité ni de solidité dans leur éventuelle proposition d’alliance.

    Tu te plains des anathèmes (terme impropre) qui visent les gens qui veulent s’abstenir. Je vois autant d’anathèmes (terme tout aussi impropre) à l’endroit de ceux qui, étant de gauche, voteront Macron. Quinze partout. Mais là, on ne va pas pleurer, nous sommes tous les deux des grands garçons, on est pas dans une cour de récréation.

    Tu mets là en scène une sorte de pouvoir idéologique qui voudrait t’obliger à faire ce que tu ne veux pas faire : tu es dans le fantasme, c’est un combat idéologique et rien d’autre. Si je ne suis pas d’accord avec toi, je ne vais pas me priver de te montrer ta connerie et toi la mienne. Le tout très amicalement.

    Bref, avec toi, on est dans la maladie juvénile de la contestation sociale.
    2 mai 2017


  • #14 Le 4 mai à 01:00, par Didier WURTZ

    A César ce qui est à César, à Dieu ce qui est à Dieu.
    Le droit de vote, donc celui de s’abstenir aussi, fait pour moi partie du domaine de l’Etat, donc de César. Personnellement je me réjouis, en tant que citoyen, qu’il existe car cela n’a pas souvent existé dans l’histoire humaine. En tant que citoyen toujours donc, je ne peux participer de près ou de loin à l’arrivée au pouvoir d’une idéologie d’extrême droite qui pourrait un jour remettre en question ce droit.
    Mais c’est aussi le cas d’un système capitaliste ultra-libéral qui donne le pouvoir réel à des décideurs qui ne sont élus par personne, et qui opprime en silence la majorité des êtres humains de la planète en détruisant leurs territoires, leurs modes de vie, leur espérance. Et je ’vote’ cependant pour ce système tous les jours en prenant l’avion pour aller en vacances, en payant le moins cher possible des biens produits par les pauvres d’entre les pauvres, etc.
    Alors, je me garderai de donner une quelconque injonction de vote en tant que chrétien ou que membre d’une communauté.
    Mais en tant que personne ayant des valeurs chrétiennes, je ne peux me résoudre à contribuer d’une manière ou d’une autre à l’accession au pouvoir de personnes qui appellent ouvertement au rejet de l’étranger, de l’autre, au repli communautaire, à l’égoïsme patriotique.
    Alors, oui, je voterai Macron sans hésitation. C’est trop facile de rejeter la faute de l’ordre humain mondial sur tel ou tel candidat. Et j’essaierai au quotidien de faire ma modeste part pour changer les mes habitudes de vie qui contribuent à cet ordre mondial. En priant Dieu pour que continue sa bienveillance et son amour.
    Et je respecte infiniment tout être humain qui aurait une autre opinion.


  • #15 Le 5 mai à 23:27, par Martins da Fonseca Eric

    Bonjour,
    Je ne conteste en rien le vote blanc, nul ou l’abstention. Toutes ces façon d’exprimer une opinion sont légitimes et je suis entièrement d’accord avec l’analyse que vous faites.
    Mais ma conclusion n’est pas la même :
    Pourquoi ? Parce que mon père a vécu la dictature au Portugal lorsqu’il était jeune.
    Pourquoi ? Vous savez très bien ce qui se passe dans les deux pays d’Europe sous l’égide de gouvernements d’extrême droite. Vous savez ce qui se passe à Béziers.
    Alors, oui, Macron, est indigeste, et c’est d’une autre dictature qu’il s’agit. Celle qui pompe du fric. Mais il est plus coulant, plus accessible aussi.
    Avec Marine, c’est la guerre ouverte à plus ou moins long terme.
    Avec Macron, les législatives peuvent le contrer. Le combat peut se faire sans prendre les armes.
    Peut-être que je suis un naïf, ou un niais, mais je pense aussi que le peuple de France, malgré ses incuries, peut créer ses propres réactions, et vouloir se libérer d’un cul de sac, où il le sait, on est arrivé. Je pense que les gens en général, malgré l’ignorance où l’on veut le maintenir, s’en sortira. C’est mon espérance.
    Je vous souhaite une bonne journée.
    Eric



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