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Appel pour une relance du christianisme social, pour des communes théologiques

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Le bêtisier de la laïcité (1) : « les prières de rue violent la loi de 1905 »

mercredi 16 mars 2011, par :

Ce soir-là, pour la énième fois, lors d’un débat sur France 2, j’entends donner en exemple de non-respect de la loi de 1905 les prières de "les" rues dans le 18e.

Outre que cela concerne une seule rue dans le 18e (au maximum deux), outre que ce n’est pas un choix de la part des musulmans du 18e (mosquées trop petites en attendant un projet couplé avec un lieu culturel porté par la ville de Paris, panne du projet de la mosquée de la rue de Tanger...), ce n’est pas illégal. L’article 27 de la loi de 1905 précise : "Les cérémonies, processions et autre manifestations extérieures d’un culte sont réglées en conformité de l’article 97 du Code de l’administration communale." (le reste de l’article parle de la gestion des sonneries de cloche, c’est dire si c’est interdit...). Comme les processions en Bretagne (il y en a une très jolie à Caudan où j’ai plaisir à me joindre à la famille catholique de ma femme - sa famille, pas ma femme... - vers une source dans un champs avant d’aller m’emméler les pieds au Fest Noz), les Marches pour Jésus (là, j’aime moins, il y a des bannière homophobes) ou les grands rassemblements type JMJ (no-comment), on a le droit de prier dans la rue dans la mesure où - en gros - les autorités responsables estiment que ça ne trouble pas l’ordre public et ne gêne pas trop la circulation (comme écolo, vous imaginez ce que je pense des initiatives qui bloquent les bagnoles...). En l’occurence, il semble que la Préfecture qui a ces pouvoirs à Paris (ailleurs, c’est les maires) trouve que ça ne pose pas problème. A côté des embouteillages sur le boulevard Barbès tout prés, il est vrai que c’est calembredaine...

Etonnant cette tolérance ? C’est le contraire qui serait étonnant. Outre que cela tranche en 1905 entre les plus incendiaires type Combes qui auraient volontiers interdit les processions catholiques (et les catholiques tout court) et ceux partisans d’une loi équilibrée (Briand, Jaurès), c’est uniquement le respect des textes fondamentaux de la République, et pour commencer... la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : "Article 10 - Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi." La manifestation des opinions religieuses, c’est forcément dans l’espace public, si c’est moi dans mon salon tout seul devant ma glace, ça n’a pas besoin d’être protégé... Et tant que ça ne trouble par l’ordre public établi par la loi, ça va... On retrouve la loi de 1905.

Citation : "On ne peut pas embêter des hommes parce qu’ils font leur prière". Face à la démagogie anti-religieuse d’Emiles Combes, président du conseil, réaction de Bernard Lazare (1865-1903), critique littéraire et journaliste, juif et proche de l’anarchisme, ayant fait éclater l’affaire Dreyfus.

  • #1 Le 18 mars 2011 à 17:37, par o.abel

    bravo Stéphane, merci
    O.Abel


  • #2 Le 8 avril 2011 à 23:54, par Diakoneo

    Montesquieu offre un regard d’étrangeté sur les pratiques occidentales les plus courantes.

    "Le roi de France est le plus puissant prince de l’Europe. Il n’a point de mines d’or comme le roi d’Espagne son voisin ; mais il a plus de richesses que lui, parce qu’il les tire de la vanité de ses sujets, plus inépuisable que les mines du roi d’Espagne. D’ailleurs ce roi est un grand magicien : il exerce son empire sur l’esprit même de ses sujets ; il les fait penser comme il veut. S’il n’a qu’un million d’écus dans son trésor et qu’il en ait besoin de deux, il n’a qu’à leur persuader qu’un écu en vaut deux, et ils le croient. S’il a une guerre difficile à soutenir, et qu’il n’ait point d’argent, il n’a qu’à leur mettre dans la tête qu’un morceau de papier est de l’argent, et ils en sont aussitôt convaincus. Ce que je dis de ce prince ne doit pas t’étonner : il y a un autre magicien plus fort que lui, qui n’est pas moins maître de son esprit qu’il l’est lui-même de celui des autres. Ce magicien s’appelle le pape : tantôt il lui fait croire que trois ne sont qu’un ; que le pain qu’on mange n’est pas du pain, ou que le vin qu’on boit n’est pas du vin, et mille autres choses de cette espèce." Lettres Persanes



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