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Appel pour une relance du christianisme social, pour des communes théologiques

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Article publié

Même pas peur du débat !

Mariage pour tous : ce qui nous inquiète.

mercredi 16 janvier 2013

Jean-paul Morley, Marc Pernot, Florence Blondon, Vincens Hubac, Jean-Marie de Bourqueney, Béatrice Cléro-Mazire, Ottilie de Bonnema, Jean Hoibian, Joël Dahan pasteurs de l’Eglise protestante unie (Epudf) prennent position dans le débat.

« Mariage pour tous » :
Ce qui nous inquiète, c’est la radicalisation des positions pour ou contre, tant dans la société que dans notre Eglise.
Ce qui nous inquiète, c’est le glissement vers des positions dures, frontales, des anathèmes, des mises en demeure de se déclarer de façon tranchée, notamment en tant que pasteurs.
Ce qui nous inquiète, ce sont les réactions viscérales qui remplacent les arguments ; les a priori bibliques ou théologiques qui remplacent le questionnement et l’écoute de l’Evangile.
Ce qui nous inquiète, ce sont les arguments qui sonnent faux quand ils annoncent une fois de plus l’effondrement de notre civilisation.
Ce qui nous inquiète, ce sont les arguments d’autorité.
Ce qui nous inquiète, ce sont les dérives faisant ressurgir homophobie ou intolérances.
Ce qui nous inquiète, c’est l’appel au sacré, tant dans la société que dans notre Eglise, pour justifier des ressentis personnels.
Ce qui nous inquiète, c’est que les conseils de la Fédération Protestante et de l’Eglise Réformée n’ont pas assez exprimé qu’il existe parmi les protestants une diversité d’opinions légitimes.

Ce qui nous unit sans doute, c’est d’avoir compris que l’homosexualité n’est pas un choix, mais une réalité qui se vit le plus souvent dans la souffrance intérieure et sociale. C’est de savoir que la grâce nous recouvre quels que nous soyons. C’est d’être assurés que les homosexuels ont bien leur place dans nos communautés.
Ce qui nous divise sans doute, c’est la compréhension de l’Ecriture, du premier chapitre de la Genèse, du Lévitique, de Paul ou des Evangiles. C’est la compréhension de la Création, de l’anthropologie biblique, de l’éthique et de la grâce.

Ce que nous sommes nombreux à souhaiter pour notre Eglise protestante unie, c’est qu’elle s’épargne les affirmations d’évidence et les anathèmes, et qu’elle soit fidèle à elle-même : en réfléchissant. En se parlant. En faisant circuler la parole en son sein. En organisant le débat, des débats, de très nombreux débats, partout, dans chaque ville et chaque paroisse, en invitant des personnes compétentes d’avis différents mais capables d’écouter et de se parler ; en permettant par l’échange de faire bouger les idées et de mûrir et nourrir la position de chacun.
Ce que nous sommes nombreux à souhaiter c’est que, dans notre église protestante unie, l’union se fasse dans la reconnaissance de sensibilités et de pratiques diversifiées, tant sur la question de l’ouverture du mariage aux couples homosexuels que de sa bénédiction. 

C’est ce à quoi nous voudrions nous inviter tous, dans la cité comme dans l’Eglise.

Jean-paul Morley, pasteur EPU à Pentemont-Luxembourg.
Marc Pernot, pasteur EPU à l’Oratoire du Louvre.
Florence Blondon, pasteur EPU à Paris Etoile.
Vincens Hubac, pasteur EPU au Foyer de l’Ame.
Jean-Marie de Bourqueney, pasteur EPU aux Batignolles.
Béatrice Cléro-Mazire, pasteur à Boulogne-Billancourt.
Ottilie de Bonnema, pasteur EPU à Sanary.
Jean Hoibian, pasteur ERF retraité.
11 janvier 2013

  • #1 Le 17 janvier 2013 à 08:11, par Poussard

    "Ce qui nous divise sans doute, c’est la compréhension de l’Ecriture, du premier chapitre de la Genèse, du Lévitique, de Paul ou des Evangiles. C’est la compréhension de la Création, de l’anthropologie biblique, de l’éthique et de la grâce."
    Quelle est votre compréhension ?

    Pour moi, il est certain « que la grâce nous recouvre quels que nous soyons » Il est certain, aussi que nous sommes tous pécheurs et que nous sommes tous atteints par le péché de chacun. C’est pourquoi nous ne pouvons pas juger des personnes… nous ne pouvons jamais savoir quelle est leur vraie part de responsabilité. Mais nous devons essayer de juger des actes, des comportements, avec le plus de justesse possible, pour essayer de comprendre quel est le meilleur pour accéder à la plénitude de notre humanité. Et la Bible nous aide, nous éclaire dans cette démarche de compréhension. Nous ne pouvons être, individuellement, notre propre référence pour juger du bien et du mal, de ce qui fait du bien ou du mal à l’humanité. Puisque nous sommes tous porteurs de déficiences et de courte vue. Voilà pourquoi je crois à la Révélation. Je crois aussi à la liberté de conscience, c’est-à-dire que, selon mon vécu et ma réflexion, je peux, à un moment ou à un autre, choisir de ne pas vivre en accord avec tel ou tel point de la Révélation… Mais je ne peux pas, alors, essayer d’imposer mon point de vue aux autres. Ce serait d’un orgueil monstrueux. De cet orgueil que la Bible nous présente comme le premier péché qui fait déferler les souffrances sur l’humanité.
    Pour nous, chrétiens, la liberté de conscience va de pair avec l’humilité.
    Vous pensez que le mariage unisexe ne peut pas faire de mal à l’humanité ? Jusqu’à présent, je pensais cela de l’homosexualité. Que cela relevait de l’intime et de cette démarche de liberté de conscience de chacun. Je veux bien accepter, pour respecter cette liberté de conscience, que les homosexuels réclament un statut social, pour ne plus être, psychologiquement, mis au ban de nos sociétés. Mais demander le mariage ne relève plus de cette liberté personnelle. Cela met en cause le sens même du mariage et donc prend en otage les hétérosexuels et surtout prend en otage les enfants.
    Je n’ai pas eu besoin de me référer à la Révélation pour réagir à cette proposition de loi. C’est comme femme et comme mère que j’ai réagi. Surtout comme mère. Tout enfant a droit à une mère et un père. Et ces rôles ne sont pas interchangeables.
    Non. Ces rôles ne sont pas interchangeables ; C’est le lien entre la chair et l’esprit, entre le sensible et la parole, qui est en jeu. Et ce lien est précieux, il est le fondement de notre liberté.


  • #2 Le 13 décembre 2014 à 21:38, par Rémi

    Je suis au contraire persuadé que l’homosexualité ne se vit plus comme une douleur. Ceci ne fait pas avancer le débat, mais je pense que les homosexuels ne sont ni victimes ni dépressifs. Rémi instituteur Aix



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