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Appel pour une relance du christianisme social, pour des communes théologiques

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Des membres de la Fraternité Spirituelle des Veilleurs se réclament du Christianisme Social.

mercredi 13 octobre 2010, par :

L’amour et le pardon, la compassion, l’oubli de soi, l’abandon à l’autre, sont des postures éminemment politiques. Dieu nous invite à ces postures. Il est, de ce fait, présent en tout ce qui peut faire de nous des Hommes libres. C’est acquis. Et la pertinence des différents messages du Christ face à nos désarrois contemporains pourrait désarçonner bien des consciences, bonnes ou mauvaises, et faire ainsi que l’Homme reconnaisse tout autant la bonté qu’il a reçue que celle qu’il donne.

Il faudrait, pour ainsi dire, parler d’amour, de compassion, d’oubli de soi, d’abandon à l’autre, quand on parle politique. Mais également de réconfort. De celui qui donne à tous un toit, une occupation à la hauteur des ambitions de chacun. Ce n’est pas être trop exigeant que de vouloir que tous nous ayons droit à notre part de dignité. Â notre part de bonheur. Ce bonheur si léger, modeste et facile à comprendre. Cet amour possible, celui de Dieu, m’est confirmé chaque fois qu’en lieu et place de la colère, j’installe en moi la paix, la paix sereine, la paix de l’abandon. Et je perçois souvent les possibilités qu’il y a d’imaginer un monde fait de cette paix, de cette justice. De cette prière, que nous avons nécessairement reçue du ciel. Or, la prière veut tout. Elle veut l’amour, non pas la haine. Elle veut la paix, non pas la guerre. Elle veut l’apaisement, non pas la douleur. Elle veut la compassion, non pas le jugement. La prière est amour, paix, douceur et attention. Inaltérable mansuétude. La prière veut effectivement le bonheur simple d’un amour léger, d’un amour sans détour. Oui, l’amour est immuable et nul ne peut le nier. C’est ainsi qu’il construit notre avenir : finies les haines fratricides, les guerres forcément meurtrières, les jugements sournois, les médisances malsaines. Il n’est pas nécessaire de démontrer : qui pourrait vraiment dire l’amour ? Et le pardon, l’oubli de soi, l’abandon à l’autre ? Alors il faut être conscients que toutes ces choses, tous ces mystères, ainsi que la politique, ne souffrent pas qu’on se moque d’elles. Car elles engage le monde. Alors, oui, il faut sans détour parler de politique. Puisqu’en l’occurrence l’amour n’est pas la guerre. Et que l’amour – n’en déplaise à certains – n’est pas non plus la haine. Or nous disons que si la haine fatigue et finit par achever, l’amour, lui, offre le repos d’éternité comme avenir, présent, passé. Cet amour qui fait si couramment place à la vie. Vie de bohème ou vie tranquille – qu’importe ? C’est la vie de toujours. La vie qui rie, pleure, chante et se lamente. La vie des amertumes, la vie des peurs. La vie des joies. Aussi. Mais chacun peut le constater : nous sommes au pied d’une croix que nous appréhendons fort mal. Pourtant c’est le mystère de cette croix qui nous sauvera de la douleur qui n’a pas de sens. Le Christ ne s’est-il pas laissé sacrifié pour nous, une fois pour toutes ? On peut donc annoncer la gloire à venir de l’Homme qui aime, désir, avec tout contre lui l’amour de ses vingt ans – j’entends que nous fîmes tous un jour, une heure, une seconde, l’expérience de l’amour, du pardon, de l’abandon à l’autre. C’est un pari. Qui prend le risque de se mouvoir en certitude : en rien je ne puis nier le fait que j’ai connu cet amour là. Cet amour là, et pas un autre. Quoi qu’il en soit, il faut être rêveur pour véritablement penser ou repenser nos institutions ! Or le peuple est rêveur. Car, bien que par la force des choses il ait nécessairement les pieds sur terre, il ne faut pas se résigner à voir ce peuple ne jamais lever la tête et se mettre à rêver de jours meilleurs, d’amour de l’autre, d’espoir réalisables. Encore faut-il y croire un peu. Rêver, peut-être.


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