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Appel pour une relance du christianisme social, pour des communes théologiques

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Article publié

Même pas peur du débat !

Catholiques et protestants ont échangé à Bordeaux le 6 février

lundi 25 février 2013, par :

Le débat a réuni une cinquantaine de personnes réparties en 7 petits groupes, à l’initiative du Groupe local du Christianisme social et des Semaines sociales.

Premier temps de l’échange : le mariage entre personnes de même sexe
Au terme de leur réflexion dans 4 groupes se dessine une majorité de personnes favorable à l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe ; les 3 autres sont plus partagés, le mot « mariage » entraînant des réticences ; « union civile » passerait mieux pour eux.
Deuxième temps de l’échange : le rapport à l’enfant, l’adoption, le recours à la PMA
L’ensemble des groupes est sensible à la nécessité de sécuriser le cadre dans lequel sont élevés les enfants de couples de même sexe, de stabiliser les situations de coparentalité en apportant des garanties à l’autre personne élevant l’enfant.
Un groupe insiste sur l’importance d’être deux pour élever un enfant ; il trouve préférable l’éducation par un couple de personnes de même sexe à l’éducation par une personne célibataire, remettant en question l’adoption par des célibataires.
Apparaît aussi dans les échanges le caractère dangereux de l’expression « droit à l’enfant » … avec le risque d’en faire un objet. L’objectif doit être de donner un milieu familial, de l’affection et de la sécurité à un enfant.
Un groupe se questionne sur l’amour entre personnes de même sexe : a-t-il la même dimension qu’au sein d’un couple hétérosexuel ?
Plusieurs groupes trouvent envisageable l’adoption mais en posant les mêmes conditions que pour un couple hétérosexuel, à savoir qu’elle repose sur un projet réfléchi, la volonté d’élever un enfant pour lui-même, et non sur une simple « envie d’enfant »…
Les avis sont bien plus contrastés quand il s’agit de la PMA.
Deux groupes s’avouent un peu dépassés par le problème et préfèrent renvoyer la question à plus tard ;
Deux autres sont très sensibles à la question de l’anonymat du donneur avec le problème de la quête de l’origine pour l’enfant - savoir de qui je viens, qui je suis, dans quelle histoire je suis inscrit – et pour le donneur : quel aboutissement à cette histoire dont je suis partie prenante…
Un groupe parle de « bombe à retardement »… et relève qu’autoriser la PMA devrait, par souci d’égalité pour les couples masculins, conduire à autoriser la GPA.

Le dernier groupe apporte le témoignage de deux de ses membres, deux femmes vivant en couple depuis 17 ans et élevant une fille de 8 ans née avec le concours d’un couple d’hommes.
Ces personnes font ressortir le déséquilibre entre les hétéros sexuels qui peuvent accéder à la PMA et les homosexuels qui doivent aller à l’étranger…
Elles manifestent leur souffrance d’entendre parler de leur situation par des gens qui ne la connaissent pas et disent des choses inexactes.
Elles évoquent leur coparentalité, dans une configuration à 4 personnes : un papa, une maman, deux autres personnes que l’enfant appelle par leur prénom. Elles expliquent avoir concrétisé leur amour par un désir d’enfant et estiment que cet amour vaut bien celui que des personnes de même sexe apportent à leur enfant.
Elles s’élèvent contre les fantasmes autour de la PMA… évoquent 300.000 enfants ( ?) concernés en France, selon des configurations parentales diverses, et demandent à ce qu’ils soient protégés, que les compagnes le soient aussi…
Elles réclament que la PMA leur soit possible en France, justifiant cet accès par la nécessité d’éviter des recours à l’étranger ou à des pratiques dangereuses, qui, de toutes manières, auront lieu.
Elles soulignent l’importance de l’accès aux origines que ce soit dans une situation de procréation assistée ou d’adoption, évoquant le Danemark, seul pays où l’accès à l’origine est possible.

Troisième temps : une bénédiction pour les couples mariés de même sexe ?
Une question commune est évoquée : celle du lien entre mariage civil et mariage religieux. L’un entraîne-t-il l’autre.Il est précisé que la question ne se pose pas ainsi. L’Etat interdit aux diverses religions d’effectuer une cérémonie religieuse de mariage avant le mariage à la Mairie. Quand celui-ci a eu lieu, libre aux religions de célébrer ou non ce mariage en lui donnant une portée religieuse. Cela relève des convictions privées et l’Etat n’a rien à y voir.
Un autre élément commun apparaît, commun à tous les mariages, la célébration religieuse n’a de sens que si au moins un des contractants est impliqué dans la foi chrétienne.

Pour le mariage entre deux personnes de même sexe, la situation est différente pour les protestants et pour les catholiques, le mariage religieux n’ayant pas le même statut.
Chez les protestants le moment proprement religieux du mariage n’est qu’un temps de bénédiction et de prière succédant à l’engagement interpersonnel des époux et à sa consécration sociétale à la Mairie. Bon nombre de pasteurs sont prêts à donner cette bénédiction à des couples de même sexe. L’enjeu serait de voir l’Eglise protestante unie adopter une position claire dans ce sens.
Chez les catholiques, la situation n’est pas la même, le mariage étant pour eux un sacrement. Celui-ci a été fondé historiquement sur l’altérité sexuelle et la procréation en référence à Gn 1, 27-28 ; 2, 21-25 et sur la présentation par Paul (Eph 5, 21-23) de l’union conjugale de l’homme et de la femme comme une figure de l’union du Christ et de l’Eglise. Cela semble empêcher toute célébration sacramentelle entre des époux de même sexe. Par contre, il paraît possible, qu’un couple homosexuel, dont au moins un des membres est impliqué activement dans un groupe ou une assemblée de croyants, puisse demander dans un rencontre de cette communauté la bénédiction de Dieu sur son union.
Ce point du débat amène une des deux femmes élevant en couple un enfant à affirmer sa foi catholique, à dire sa souffrance devant l’attitude actuelle des chrétiens manifestant contre l’ouverture du mariage, à se féliciter de pouvoir se confier à un prêtre qui a célébré le baptême de l’enfant du couple.
Un catholique, en désaccord très net avec l’attitude de l’épiscopat, se dit prêt à suspendre sa participation au « denier du culte » en le motivant à l‘évêque… Cette initiative, qui pourrait avoir l’effet non voulu de soustraire des ressources à des prêtres ouverts, ne rencontre pas beaucoup d’échos…

Les conclusions de la soirée sont tirées par Olivier Bres et Patrick Rodel, qui se félicitent de l’expérience d’un débat ouvert et respectueux des diverses opinions, entre des personnes dont les positions étaient parfois opposées, certaines ayant manifesté « contre » et d’autres « pour »…

  • #1 Le 27 février 2013 à 10:57, par PIERRE VALPREDA

    Au delà des blessures quelle pauvreté dans la réflexion !

    Qui parle de "droit à l’enfant" : les opposants à l’égalité des droits et personne d’autre !!!

    Mais surtout quand cesserez vous de disserter sur "l’Union civile" (avec triangle rose ??) il s’agit d’EGALITE en aucune manière d’un statut spécial et bien à part avec droits identiques !

    Quel dommage que le gouvernement n’ait pas supprimé le mariage civil et instauré un contrat identique pour tous !!! Ainsi ces sempiternelles "réticences" lexicales tomberaient.
    Pierre Valpreda


  • #2 Le 27 février 2013 à 16:24, par Christophe BRENUGAT

    Une table ronde 20 ans après les premiers débats : vous avez 20 ans de retard !
    HétérosexuelLEs bien-pensants du xtianisme social (social ?) : vos tergiversations blessantes ne m’interressent plus !
    Un contrat différent et particulier réservé aux couples homosexuels avec ou sans enfant : NON !
    La seule solution vraiment sociale c’est l’EGALITE DES DROITS ! La discrimination n’est pas tolérable : ni triangle rose ni étoile jaune.
    Christophe BRENUGAT



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