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Article publié

"Les grosses ficelles du CRIF"

dimanche 3 mars 2013

L’Union juive française pour la paix prend position dans la polémique sur les excuses du président de la CIMADE au CRIF.

Le CRIF de Marseille Provence s’offusque dans une tribune du 18 février [1] du fait que la Cimade PACA ait décliné son invitation à une cérémonie en mémoire des victimes juives du nazisme qu’il organisait [2].

Tout est dans le titre de la tribune : antisionisme et boycott versus mémoire victimes juives et nazisme.

La Cimade n’a rien à démontrer au CRIF ou à quiconque sur sa relation à la Résistance pendant l’occupation et à la déportation des Juifs de France, de Chambon sur Lignon aux filières de sauvetage organisées, son action parle pour elle. Et c’est à ce titre d’ailleurs que le CRIF de Marseille Provence l’a invitée.

Ce qu’a dit courageusement la Cimade PACA c’est qu’elle n’était pas prête à participer à une manifestation de ce type AVEC LE CRIF. Et nous, UJFP, partageons son point de vue.

Pourquoi ?

Parce que nous ne reconnaissons pas la « représentativité » d’un collectif d’associations communautaires qui ne représente guère qu’une très petite fraction de la « communauté » des 600 000 Juifs français.

Parce que cette représentativité a consisté pour ces organisations juives communautaires, qui ont dérivé vers un néo-conservatisme redoutable, à confisquer la parole de 600 000 personnes au profit d’une cause détestable, celle de l’occupation et de l’oppression du peuple palestinien, et cela avec des outils encore plus détestables : la manipulation et l’instrumentalisation de la mémoire juive et l’amalgame entre critique politique et racisme antisémite, au risque de provoquer ce que l’on prétend vouloir éviter. Le CRIF se distingue par son attaque systématique de toute parole critique contre Israël qu’il étiquette comme antisémite. Il demande, exige, fait pression pour que toute intervention publique sur la question du dit « conflit israélo palestinien » cherchant à soutenir la cause palestinienne, c’est à dire celle de l’opprimé, soit attaquée jusqu’à obtenir que soit interdite toute parole dans des universités, des grandes écoles, etc. Gageons que cela ne vous attire pas que des sympathies. Le CRIF a ainsi réussi la redoutable opération de transformer le statut de l’antisémitisme en France : de racisme dangereux et contre lequel chacun doit se mobiliser, en arme de guerre antipalestinienne au service d’Israël. Or c’est précisément cette mutation qui ouvre les vannes et libère la parole antisémite quand et là où elle existe. En ce sens le CRIF fait un sale boulot.

Nous l’avions déjà dit [3]. Mais aussi parce que nous non plus nous n’accepterions pas de manifester pour le souvenir de nos morts déportés victimes du Nazisme ou même contre l’antisémitisme avec ceux qui ont soutenu les opérations meurtrières sur la population civile désarmée et assiégée de Gaza. Cela nous semble un détournement ignoble de notre héritage. Pour nous la seule « mémoire » est celle des devoirs conférés par l’horreur nazie : plus jamais ça pour personne, solidarité avec tous les opprimés, lutte contre toutes les formes de racisme.

Messieurs du CRIF, Nous sommes aujourd’hui à des années-lumière de vous, et nous vous plaignons d’avoir perdu tout sens éthique et toute sensibilité à la douleur d’autrui. Mais nous vous le disons : Il est trop tard ! pour traiter la Cimade PACA d’antisémite, trop tard et ridicule. Les ficelles sont devenues trop grosses. Il suffit de consulter votre site, lire vos écrits pour comprendre où sont les appels à la haine. Une attitude qui ne mérite à nos yeux que mépris. Pourtant ne vous leurrez pas, et ouvrez les yeux. Dans votre dos, ceux-là même qui vous soutiennent en apparence, par crainte d’être traités d’antisémites, vous haïssent en réalité à cause de votre attitude menaçante, arrogante et insultante ; et ils vous haïssent avec des termes antisémites : « Ils sont les plus forts,... ils sont partout... !! »

Nous luttons avec la Cimade et beaucoup d’autres dans ce pays, contre tous les racismes l’islamophobie, le racisme anti-noir, anti-Rrom, pour les droits des sans-papiers, pour un avenir partagé entre Israéliens et Palestiniens sur la base de l’égalité des droits. Cela fait sans doute aussi de nous aussi des antisémites à vos yeux. Pourtant l’Egalité c’est la devise de la République que vous invoquez si souvent.

Bureau national de l’UJFP le 20-02-2013

  • #1 Le 3 mars 2013 à 17:23, par Stéphane Lavignotte

    J’appréciais Richard Prasquier quand il servait la mémoire des Justes à la tête de "Yom a Shoah". J’étais content qu’il soit avec nous il y a trois ans à l’Assemblée-Nationale pour le colloque contre l’homophobie religieuse dans le cadre de l’IDAHO. Je suis triste de le voir s’avancer dans les sinistres pas de Roger Cukerman. Je ne vais pas dans les manifs pro-palestiniennes car je trouve qu’elles prennent insuffisamment en compte l’angoisse du peuple Israélien d’être "jeté à la mer".
    Je me retrouve dans la position de l’UJFP et dans les raisons de son soutien à la CIMADE. J’étais vendredi soir dans un débat dans le cadre de la semaine anti-coloniale avec Daniele Sibony, sa présidente qui a expliqué en des termes similaires pourquoi ils ne manifestaient jamais avec le CRIF même dans des mobilisations contre l’antisémitisme.
    J’avais accompagné un groupe de jeunes travailleurs et travailleuses noirs et arabes du Foyer de Grenelle lors de la manif contre le meurtre antisémite du "gang des barbares". L’omni-présence de l’extrême-droite juive faisait froid dans le dos.


  • #2 Le 3 mars 2013 à 18:21, par Emmanuel W

    Ça fait du bien d’entendre une autre voix que celle du CRIF. À force de me faire traiter d’antisémite, je finis par avoir peur de l’être devenu…

    > Le CRIF a ainsi réussi la redoutable opération
    > de transformer le statut de l’antisémitisme en
    > France : de racisme dangereux et contre lequel
    > chacun doit se mobiliser, en arme de guerre
    > antipalestinienne au service d’Israël. Or c’est
    > précisément cette mutation qui ouvre les vannes
    > et libère la parole antisémite quand et là où elle
    > existe. En ce sens le CRIF fait un sale boulot.

    Vous touchez là du doigt le plus important. Le CRIF banalise l’antisémitisme et, pire encore, banalise l’holocauste. L’holocauste est – à ce jour – la pire chose qu’ait fait l’humanité, une figure du « mal radical ». À force de se servir des « reductiones ad Hitlerum » dès qu’il se sent attaqué, en comparant constamment l’holocauste et l’antisémitisme nazi à des choses qui sont, de loin, moins grave voire positives, au lieu appesantir la gravité de ce qu’il dénonce, le CRIF rend l’holocauste et l’antisémitisme nazi moins graves. Et c’est un crime ! Banaliser l’holocauste, c’est ouvrir la porte à son retour…



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