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Résister avec les étrangers

dimanche 17 novembre 2013, par :

De retour en France après une année d’absence, je reprends contact avec les associations de notre réseau et je rencontre plusieurs personnes engagées auprès des étrangers. Le discours est parfois décourageant. Lassitude, fatigue et sentiment d’impuissance sont visibles. On me dit souvent : « le temps passe et la situation ne change pas… »

J’écoute avec attention mais je souhaite aller plus loin car ces rencontres m’ont toujours surprise. Je cherche donc les gestes, les regards, les signes qui se cachent derrière les mots en participant à un cercle de silence. Je retrouve des étrangers qui traversent la place avec un grand sourire. Des personnes pressées qui rentrent un peu plus tard du travail. Des jeunes qui se promènent en ville et qui s’amusent en regardant cet étrange cercle. Des enfants émerveillés par le monde... Étrange insouciance qui côtoie notre gravité.

L’autre jour à Toulouse, je participe à l’inauguration du bâtiment ANADYR de l’Association Robert Monnier qui gère un centre d’accueil pour les demandeurs d’asile. Lors de cette journée, l’association a préparé une exposition de photos, des portraits d’immigrés. Ces magnifiques clichés attirent rapidement notre attention et notre regard. Je ne suis pas la seule personne à les remarquer. Petit-à-petit le cercle s’élargit, les gens s’approchent, commentent les images, découvrent des passions communes. Certains sont émus, transfigurés par la beauté...

Gilles Deleuze aimait affirmer que « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer ». Cette phrase peut étonner car nous associons le mot résistance à une force qui s’oppose au mouvement. Alors que créer serait engendrer, imaginer, mettre au monde. Mais pour Deleuze, résister serait non pas seulement s’opposer, s’affronter mais également créer des nouveaux regards qui passent par ces fissures du quotidien, parfois infimes.

Alors je comprends que ces hommes et ces femmes engagés auprès des étrangers résistent. Ils résistent par leurs gestes qui deviennent les signes créateurs de liens. Ils résistent en étant porteurs de petites transformations. Ils résistent en ouvrant des nouveaux possibles même s’ils ne le perçoivent pas. Ils sont parfois découragés mais ils ne sont pas résignés. Les mots peuvent désormais résonner : résistance et création...

Edileuza Gallet
Secrétaire régionale de la FEP (Fédération de l’Entraide Protestante) Sud-Ouest


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