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Article publié

Métiers non pourvus, chômage de masse…

La formation, une solution ?

mercredi 2 mars 2016, par :

Compte rendu des rencontres 2016 de la MIRLY (Mission dans l’industrie de la région lyonnaise).

Intervenants : Daniel Meyer, Directeur territorial de Pôle Emploi du Rhône, Michel Weill, économiste du travail, président de la commission formation au Comité économique et social de la Région, Brice Rochat Proviseur du lycée professionnel de Carpentras, Gilles Meurisse, ancien chef d’entreprise, ancien président d’association de parents d’élèves, Maryse Chevalier, Directrice générale déléguée de la fondation AJD, Céline Pont, Conseillère d’insertion à Mirly Solidarité, Gilbert Touzot, Président de l’Université Numérique Ingénierie et Technologie, Matthieu Cavaillé, théologien et pasteur à la Mission Populaire à Nantes.

Nous vivons un chômage de masse. Le nombre de chômeurs de longue durée ne cesse de progresser, la plupart sont peu ou pas qualifiés. Et pourtant certains métiers, dans l’industrie par exemple, ont du mal à recruter. Peut-on dire que la formation initiale ou continue serait une solution ?

Quelques éclairages :

• Un proviseur de lycée professionnel et un ancien président de parents d’élèves ont rappelé que la plupart des élèves arrivent là parce que le système les a exclus des filières qui privilégient l’intelligence abstraite. « Ce sont des blessés du système alors qu’une formation professionnelle doit être au service d’une envie, d’un projet ».

Des « mauvais élèves » dévalorisés, et…49% de décrochages en lycée professionnel. Mais des alternatives positives nous ont été racontées. Une expérience en collège consistait à obliger chaque professeur à trouver une qualité à chaque élève : adroit, soigneux, ponctuel, intuitif, tenace, imaginatif… Cette modeste attention a montré aux élèves qu’ils existaient. Lors du forum métier annuel, n’étaient inscrit sur les portes que les qualités requises : un jeune habile se retrouvait discuter avec un dentiste et un ébéniste ! Le taux d’orientation spontanée a bien monté, le taux d’échec scolaire a baissé.

• La Fondation AJD s’occupe des jeunes déscolarisés. Ils ne rêvent plus de rien, se désintéressent des apprentissages. Il faut chercher l’envie cachée. Ainsi cette passion pour le cheval qui a transforme un jeune paumé en directeur de haras dix ans plus tard.

• Plus tard dans la vie, l’orientation des chômeurs de longue durée n’est pas plus facile. Une conseillère d’insertion de Mirly-Solidarité témoigne de sa difficulté à connaître les métiers qui recrutent, à coordonner ses conseils d’orientation ou de formation avec ceux de Pôle Emploi. Le Service Public Régional d’Orientation a du pain sur la planche !

• L’université numérique ouvre des voies nouvelles. 400 bénévoles, enseignants ou non de 40 universités françaises ont développé une formation au DAEU accessible à tous par internet qui donne le droit d’entrer à l’université sans le bac. Ils construisent aujourd’hui un projet d’université à distance pour les zones rurales isolées.

La situation vue depuis Pôle Emploi et le Conseil Economique et Social de la Région

Malgré les 624 000 chômeurs de catégories A, B et C dans le département du Rhöne et Lyon, il subsiste des zones de fortes embauches (Villefranche, Saint Priest, Brignais). Certains métiers recrutent difficilement : des métiers industriels - tels ceux de la maintenance -, la programmation, la gestion des payes, l’hôtellerie restauration, les services à la personne. Ces derniers sont fréquemment une étape pour un autre travail aux contraintes d’horaires moins difficiles pour une vie de famille.

Les évaluations du nombre d’emplois vacants sont très variables. Les enquêtes sont très aléatoires car la manière d’interroger les entreprises compte beaucoup. La réponse réflexe est une réponse de formation. Une meilleure réponse par des analyses et des conseils aux entreprises sur les évolutions des organisations, des compétences et des relations sociales comme le propose l’organisme paritaire ARAVIS reste bien une exception.
La formation ne se conçoit pas sans une analyse du travail et de sa représentation. Indéniablement, les exigences du travail changent : il est plus collaboratif, moins répétitif et suppose une intervention plus active des salariés.

• L’orientation joue un rôle crucial dans la construction des parcours professionnel et de ses décrochages : 17% d’une génération sort aujourd’hui sans diplôme. Les liens entre les lycées professionnels et les entreprises restent distants malgré les 22 semaines de stage en 3 ans. Et les métiers ne sont souvent perçus qu’au travers d’archétypes. A quand une vidéo - fournie à chaque service d’orientation - montrant que les Airbus sont construits par des chaudronniers ?

• Pour réussir une formation des publics les plus en difficultés, il faut prendre en compte leur situation, leur mobilité même s’il y a des transports en commun, la capacité d’accompagnement psychologique des formateurs.

• En entreprise, le développement des compétences et l’organisation de parcours professionnels sont les clés d’une sécurisation de chaque salarié.

Et, dimanche matin…

Que nous dit la Bible sur le travail, le non travail, la formation ?

« Plutôt que de chercher à savoir ce que dit la Bible sur la formation, les métiers en tension… le théologien cherche à découvrir ce qu’elle a à nous dire sur les questions que pose la vie, le travail et les thèmes qui les entourent. La Bible nous parle sans arrêt de déplacements, de mise en route : il y a une possibilité fondamentale de ne pas être enfermé dans ce que je vis et fais.

Mais alors, pour quelle raison travailler ? Mon travail n’énonce pas ce que je suis ! Je travaille pour gagner ma vie. Mais comment recevoir quelque chose de la vie ? Par des liens sociaux pour lier, relier, libérer - plutôt qu’entraver, aliéner comme l’offrent souvent les conditions économiques : c’est cette liberté qui fait mon humanité.

Performance, efficacité … Formation au faire, au savoir-faire. L’entreprise forme des salariés, formate, con-forme au système qu’impose le monde du travail. La formation personnelle reste du ressort des salariés, dans une logique du « vivre ensemble », il faut travailler auprès des hommes et femmes qui composent l’entreprise. .
La formation réciproque pour avancer vers un monde meilleur, devenir de bons salariés, des personnes bien formées, mais aussi ou surtout des individus libres et engagés dans le monde, quel défi ! ».

Compte-rendu de Jean-Paul Kovalevsky, Joël Rochat et Denis Costil.


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