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Adresses à François Hollande

Je lui parlerais laïcité...

lundi 11 avril 2016, par :

Le 13 avril, deux événements se tiendront à Paris : le dévoilement d’une plaque "en hommage aux victimes du massacre de la Saint-Barthélemy", et François Hollande recevra le protestantisme "pour les œuvres et les engagements citoyens du protestantisme français". "A cette occasion, qu’avez-vous à lui dire..." Nous publierons plusieurs textes dans les prochains jours, dont une tribune publique du Mouvement le 13 avril. N’hésitez pas publier des textes.

Si j’avais une conversation personnelle avec François Hollande le 13 avril …. je lui parlerais de laïcité.
D’abord peut-être lui demanderais-je de tenir un peu son Premier Ministre. Il manifeste une agressivité sur ces questions qui ne me semble pas utile. Il faudrait lui rappeler que l’intransigeance de Clemenceau, son modèle, a certes conduit à la défaite de l’Allemagne, mais aussi à un ressentiment propice à la radicalisation du peuple allemand, au nazisme. Ses discours sur l’Islam sont-ils justes ou participent-ils d’un durcissement des opinions ? C’est à discuter ?
Il parait aussi que notre Président est partisan de l’humour, de l’ironie. Je lui demanderais si on peut, à son avis, se moquer un peu d’Elisabeth Badinter qui fustige les marques qui feraient de l’argent sur la mode islamique et propose de les boycotter ; alors que dans le même temps les publicitaires, comme Publicis dont elle est actionnaire, utilise le corps des femmes pour vendre certaines marques. Faut-il aussi les boycotter ? ou boycotter Publicis ?
Mais plus sérieusement, je chercherai à susciter de sa part une prise de position plus explicite sur sa conception de la laïcité et sur les risques que font courir à la République certaines formes de laïcisme. Il a soutenu, je crois, l’Observatoire National de la Laïcité. C’est un bon arbitrage à mon avis, mais il laisse son gouvernement et la gauche sans orientations dans ce domaine.
Je lui raconterais les inquiétudes d’un certain nombre de mouvements et d’organismes, d’inspiration ou de référence protestante, devant la demande de certaines institutions publiques de mener leurs actions sociales et civiques, non pas dans une saine laïcité mais dans une stricte neutralité. Il leur est demandé de faire disparaitre leurs références, de laisser ignorer par les publics qu’elles reçoivent et accompagnent les origines et ressources spirituelles qui les fondent.
Il me semble que vouloir éliminer, de l’espace public ou des espaces associatifs, les références religieuses de ceux qui y sont engagés et qui reçoivent sans distinction et sans prosélytisme les publics les plus variés, c’est justement vouloir supprimer, éliminer des espaces de dialogue, de connaissance mutuelle, de découvertes des qualités de celui qui n’est pas comme moi.
Il y a d’ailleurs des pratiques un peu contradictoires de la part des institutions publiques : d’un côté elles imposent une neutralité stricte aux acteurs sociaux de référence confessionnelle, de l’autre côté elles cherchent comment financer, appuyer des initiatives interreligieuses ou inter-convictionnelles que portent ces acteurs.
Comme sur d’autre sujet, je dirais à François Hollande qu’il faudrait qu’il donne du sens à son action, qu’il précise sa vision et son projet pour la société française, sur la laïcité en particulier.
Olivier BRES

  • #1 Le 13 avril 2016 à 10:48, par benoit

    Je me demande où est la fameuse séparation de l’église et de l’état :
    existe-t-elle et si oui, dans quels domaines s’exerce-t-elle ?



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