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Article publié

Billet d’humeur

Arrêtez avec cette métaphore du premier de cordée !

lundi 17 septembre 2018, par :

La métaphore du premier de cordée n’est pas "vive" au sens de Paul Ricoeur.
Elle augmente la prétention des riches et le mépris des pauvres, sans animer les uns et les autres vers un "projet solidariste" qui reste à ré-inventer.

Monsieur le Président, vous dîtes que vous y croyez beaucoup et vous la reprenez dans votre discours sur la lutte contre la pauvreté. Mais vous proposez une métaphore qui n’est pas du tout « vive » comme le disait Paul RICOEUR. Au contraire, votre métaphore est juste l’expression de stéréotypes et ne génère aucun renouvellement des points de vue.

Stéréotype, l’idée que c’est l’entrepreneur qui serait le premier de cordée, ou le riche – ce qui est encore pire et vient confirmer votre image de président des riches.
Stéréotype, l’idée que c’est le riche qui tire toute la société et que les autres ralentiraient.

Pourquoi, dans un discours sur la pauvreté, ne vous vient-il pas à l’idée que c’est le pauvre qui est le premier de cordée, celui qui doit trouver un chemin pour grimper, pour faire vivre sa famille, mais aussi celui que l’on oblige à grimper à la paroi la plus difficile.
Ou encore, vous pourriez considérer que toute société se juge à la manière dont elle traite les pauvres. Et donc que le premier de cordée est bien le pauvre.
Ou enfin vous pourriez suggérer que notre société survit à cause de ses inégalités, et du travail obscur (ou de l’acceptation du chômage) des plus pauvres. Et que ce sont les riches, avec leur désir de toujours plus qui sont un poids pour tous.

Vous pensez peut-être que je refuse de vous comprendre ? Mais j’ai aussi écouté une autre partie de votre discours. Il dit : Je crois au fond à trois projets indissociables : le projet productif pour créer des emplois , un projet éducatif et un projet solidariste, qui fait que chacune et chacun doit considérer qu’une part de notre place dans la société est un peu d’aider l’autre. C’est bien la priorité économique et même productiviste qui vous anime. Triste révélation supplémentaire de votre soumission aux forces économiques qui sont aujourd’hui des forces financières. Mais ce qui me frappe c’est votre compréhension d’un « projet solidariste ». Le solidarisme, ce serait d’un peu aider l’autre. Voilà qui ferait se retourner dans leurs tombes les solidaristes du siècle dernier. Il s’agissait pour eux d’abord que nous reconnaissions ce que nous devons aux autres, aux apports des générations précédentes, au travail de nos contemporains, et d’organiser une économie plus coopérative où chacun puisse trouver sa place. Il ne s’agissait pas de condescendre à aider – un peu – l’autre.

Arrêtez cette métaphore qui augmente les prétentions des riches et le mépris des pauvres. Cherchez donc avec vos communicants une métaphore vraiment « vive », qui anime les uns et les autres.

  • #1 Le 17 septembre à 16:49, par baillergeau

    Je pense que l’on peut avoir une autre vision de la pauvreté que celle qu’illustre Macron, sans pour autant faire appel aux "solidaristes du siècle dernier" dont nous ne savons pas quel regard ils porteraient sur leurs disciples - La mort de Jaurès n’a-t-elle pas été aussi la mort de internationalisme prolétarien ? - Le pacifisme d’avant guerre n’a-t-il pas conduit certains des meilleurs vers la collaboration ? - L’altermondialisme ne fut-il pas une chimère absolue ? - Combien ont cru que l’élimination physique de 4 dictateurs du Proche Orient aller faire naître spontanément la démocratie ? Ces "combats pour avoir raison" ont renforcé le capitalisme dans ses pires manifestations. Si la spéculation financière est notre peste noire absolue, limitons-nous à ce combat avec une mobilisation mondiale et globale de tous les acteurs qui le croit ou qui ne sont plus en position de mentir à leurs représentants ?



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