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Appel pour une relance du christianisme social, pour des communes théologiques

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Article publié

Pour ne pas confondre la lutte contre la misère avec celle contre les miséreux.

mardi 27 juillet 2010, par :

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Au cœur de la révolution, la révolution des cœurs

Luc 11, 1-13,

Les disciples demandent à Jésus comment prier : il leur apprend le Notre Père .

Jésus leur parle alors en paraboles :

"Demandez et vous recevrez ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira la porte. Car quiconque demande reçoit, qui cherche trouve et l’on ouvrira la porte à qui frappe. Si l’un d’entre vous est père, donnera-t-il un serpent à son fils alors que celui-ci lui demande un poisson ? Ou bien lui donnera-t-il un scorpion s’il demande un œuf ? »

Puis il leur parle de l’Ésprit Saint
"Si donc vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera le Saint Esprit à ceux qui le lui demandent."

Texte du 17ème dimanche de la Pentecôte.

Foi, espérance, amour
La méthode allégorique, c’est bien pratique !

  • Le poisson c’est la foi, le serpent le doute
  • L’oeuf c’est l’espérance, le scorpion l’amertume et le regret
  • Le pain quotidien c’est l’amour, la pierre le rejet de l’autre _

Voilà que les trois vertus théologales sont présentes : foi, espérance et amour.

Un Dieu proche

Le mot hébreu utilisé pour dire "Père" est le mot « Abba ». Avec le "Notre Père", Jésus inaugure un bouleversement du mode de relation entre Dieu, Jésus et ses disciples : Si Dieu s’appelle « Abba », il nous aime comme un père ou une mère devrait aimer son enfant. Je dis bien "devrait" car il est cet amour que nous n’avons peut-être pas toujours reçu. Si Dieu est un père, Jésus n’est plus maître pour ses disciples mais un frère pour ses amis. Et si Dieu est père ou mère, il donne la nourriture dont son enfant à besoin chaque jour par son amour : la confiance donc la foi ; l’espérance donc la promesse d’un devenir. 

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Dieu, un distributeur automatique de demandes ?

Mais s’il est "Notre Père", il n’est pas mon Dieu à moi tout seul, mais le Dieu de tous mes frères et sœurs. « Que ta volonté soit faite » nous dit le Notre Père : Il s’agit donc de sa volonté et non de la mienne. Si Dieu est le Dieu de mes frères et sœurs, il n’est pas donc pas un distributeur automatique de mes demandes. Alors que demander ? La seule chose qu’il est utile de lui demander, c’est ce que dit le texte : c’est de "recevoir l’Esprit Saint". L’Esprit Saint, c’est cet amour du Père pour son fils et de ce fils pour ses amis. L’Esprit Saint c’est ce vent de désir.

Ce que nous désirons, c’est l’amour
Nous lui demandons pour nous ce que nous croyons désirer. Mais savons-nous vraiment ce que nous désirons ? Lui sait ce que nous désirons au plus profond de nous. Et ce que Dieu désire pour nous, c’est ce que nous désirons au plus profond de nous-même. Et ce que nous désirons au plus profond de nous même c’est aimer et être aimés.

Sortir de la prière : "merci", "pardon", "s’il te plait"
Prier n’est plus une demande car ce que nous désirons nous a déjà été accordé. Par cet amour déjà accordé, nous l’entendons nous dire "oui"à ce que nous sommes en vérité tout entier comme nous sommes : sans condition aucune, en dehors de tout rôle, de toute contrainte, de tout regret, de toute peur de demain d’hier ou d’aujourd’hui, de toute réalisation, de tout échec ou de tout succès, de tout masque ou de tout faux semblant. Il lui suffit que nous existions et que nous soyons là ; voilà la seule chose qui lui importe. .

La communauté universelle une et indivisible

Cet amour inconditionnel, c’est ce qui nous relie les uns aux autres, c’est ce qui fait que rien ne pourra empêcher qu’elle soit ma soeur et qu’il soit mon frère. Je ne peux plus faire sans elle ou sans lui, je ne peux plus faire contre elle ou contre lui, mais je ne peux faire qu’avec elle et qu’avec lui : Nous sommes tous autour de la table du repas de la communauté universelle et rien ne pourra jamais nous séparer.
La révolution des coeurs
Depuis là où nous nous trouvons, nous pouvons y puiser l’énergie pour mener nos combats afin que notre société ou que notre vie soient meilleures. Mais surtout nous pouvons commencer par nous-même en nous laissant ressourcer par cet amour complet et entier grâce à l’expérience quotidienne de cette rencontre qui peut nous aider à nous réconcilier avec nous-même et avec les autres. Et cela change déjà le monde au delà même de ce que nous pouvons imaginer.

A l’heure où les guerres civiles nationales ou les guerres de civilisation sont les conflits intérieurs de quelques uns, à l’heure où ces mêmes confondent la lutte contre la misère avec la lutte contre les miséreux, au moment où certains croient s’opposer à la violence par leur propre violence ; quand certains sont présumés mauvais au lieu d’être présumés bons, il est peut-être le temps de se rappeler que Dieu nous aime le premier. Si par le "Notre Père" Jésus opère à un bouleversement du mode de relation entre lui, Dieu et ses disciples, c’est qu’il n’y a entre eux aucun rapport de domination mais au contraire, il s’agit d’un mode de réconciliation.

Notre pain quotidien c’est de marcher chaque jour sur ce chemin d’éveil spirituel, à la source d’un amour gratuit et inépuisable. C’est cette meilleure part qui ne pourra jamais nous être retirée dans la vie comme dans la mort et nous devons le savoir au coeur de nos engagements. Dès lors, nous n’avons plus à demander, car c’est quand nous donnons que nous recevons.

Diakonéo


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