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Appel pour une relance du christianisme social, pour des communes théologiques

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Article publié

Comment être des chrétiens investis pour Dieu dans la cité ?

vendredi 29 octobre 2010, par :

’’Esaïe 58 : Quelle pratique spirituelle préconise le prophète dans ce texte ? quels agissements condamne-t-il ? qui sont les exclus, les stigmatisés ? Autant de questions sur lesquelles le texte nous invite à nous pencher.’’

Nous étions une douzaine de participants, catholiques et protestants, lundi 25 octobre 2010, au Café du Picoulet, pour l’atelier biblique « Exclus, stigmatisés, quels regards et quels engagements ? », composant une nouvelle Commune Théologique se réclamant du Christianisme social.

Nous avons commencé par chercher quels sont les protagonistes dans ce texte. Dieu interpelle le prophète Esaïe afin qu’il aille « crier » son message à son peuple. Comme dans une série de relations verticales : Dieu à Esaïe, Esaïe au peuple. Mais il apparait aussi une relation horizontale entre le peuple de Dieu et leur frère, leur voisin, les autres habitants du Royaume, non croyants.

Comment est décrit le peuple de Dieu à travers leur pratique du jeûne ? Ce sont des croyants, des pratiquants appliqués, rigoureux. Ce sont des personnes en quête de reconnaissance auprès de leur Dieu. Ils sont montrés aussi comme des êtres brutaux, méchants, durs ; des personnes centrées sur leurs affaires. Mais seraient-ils pas aussi des êtres pris dans leur « joug », dans un carcan social intériorisé ?

Qui sont-ils ces autres - qui sont sans doute aussi dans le peuple interpellé ? Ce sont des « ouvriers », des victimes de violence, qui sont « écrasés », enchaînés. Il s’agit là d’une domination directe. Ce sont aussi les « affamés », les « sans abri », les sans habits… et nos frères, « ta propre chair », celui qui partage la même condition d’humain que nous. Ceux-là subissent une domination indirecte, une inégalité sociale, portée collectivement. Il est fait mention d’indigent, de pauvre, d’humilié, d’affligé, de celui qui est privé, dans la misère. Il est question de faim, d’appétit. La nourriture peut être comprise comme étant physique tout comme étant spirituelle, relationnelle. Les exclus ne sont du coup pas seulement les dominés, mais tous, incluant les dominateurs qui par leur pratique de la violence s’éloigne de Dieu et se sentent tristes de pas être davantage proche de Lui.

Esaïe arrive vers le peuple de Dieu avec une vision nouvelle, revisitée du jeûne, de la pratique spirituelle : il ne s’agit pas seulement de s’engagement comme croyant en respectant les rites, mais aussi de s’ouvrir aux autres : la juste pratique de la religion, c’est la pratique de la solidarité et un travail de libération envers les autres comme envers soi-même. Dieu nous rappelle les fondements de notre foi : le partage, la relation à l’autre, avoir souci de son prochain. Quand l’autre fait irruption dans ma vie, avec ses soucis, « ne pas se détourner de lui », mais l’accueillir, l’écouter et partager en fonction de ses besoins. Ainsi apprendre à se mettre davantage à la place d’autrui, se décentrer de soi pour aller vers l’autre. Le challenge du don à l’autre est d’être sincère et dénué de rapports de domination entre celui qui donne et celui qui reçoit.

Ce que Dieu condamne dans ce texte est aussi notre regard, notre discours portés sur les pauvres dans le système de domination et d’inégalités dans lequel nous vivons. Il pointe du doigt notre incohérence à le servir tout en faisant des affaires fructueuses aux dépends des autres. Mais il ne s’arrête pas à ce triste constat : il nous offre une vision d’espérance ! Il nous promet le « profit » individuel et collectif. Cette espérance d’un monde meilleur est à la fois une perspective et à la fois une réalité à inscrire dans nos vies d’aujourd’hui. Agnès Haincaud, participante à l’atelier biblique.

Joignez-vous à nous : prochaine date le lundi 22 novembre à 19h, au Café du Picoulet, 59 rue de la Fontaine au roi 75011 Paris.


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