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Appel pour une relance du christianisme social, pour des communes théologiques

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"Le NPA se déchire sur le voile" ? Tentative de « désembrouillage ».

jeudi 2 décembre 2010, par :

Quelques informations et réflexions sur la place des croyants au NPA et dans le mouvement social, suite au départ du comité Quartier Populaire d’Avignon et en plein débat de préparation du congrès sur les motions « Féminisme, Religion, Laïcité ».

Avertissement au lecteur : j’écris en tant que « me réclamant du christianisme social » et pour des personnes s’en réclamant. Il s’agit d’interroger notre place dans le mouvement social et à la gauche de la gauche, pour ceux et celles qui s’en sentent proches. Et non pas de donner une explication de vote à des camarades pour un congrès à venir…

Le NPA se déchire sur le voile. C’est ainsi que Médiapart intitule son article, suite à la démission du comité quartier populaire d’Avignon, où Ilham Moussaïd, une femme portant le voile, candidate aux élections régionales de 2010, militait. La violence des réactions, suite à ces départs pourraient donner raison aux médias. Pour ma part, je préfère retenir que le NPA est le seul parti à la gauche du PS qui pose aujourd’hui la question de la place des croyants dans son organisation. Et c’est le deuxième reproche que je ferais à cette formule : nous ne parlons pas, ou nous ne devons pas parler uniquement de « voile », d’ailleurs le débat pour le congrès est intitulé « Féminisme, Religion, Laïcité ». Ce titre un peu fourre tout a le mérite de ne pas limiter les échanges à un symbole, ce qui révèlerait un fétichisme indigne.

Que se passe-t-il ?

En février 2010, les militants du NPA apprennent par la presse qu’une candidate sur les listes du Vaucluse est musulmane et porte un foulard islamique. C’est la première fois que cela arrive et cela choque de nombreux militants, frappés dans leurs convictions profondes et stupéfaits de découvrir que des militants croyants l’affichent dans l’espace public et donc dans le parti. Prévenir en amont le reste de l’organisation aurait évité la brutalité de l’annonce. D’un autre côté cela aurait donné, de fait, un statut spécial à cette candidature. Je n’ai pas d’avis tranché sur cet évènement, notamment parce que je n’ai pas discuté avec les protagonistes. Je considère cependant que le problème est complexe et ne doit pas être réduit aux blessures vives des uns et des autres.

Un débat ardent s’est engagé, des regroupements se sont formés pour défendre mordicus les leur position. Comme dans les cours de récréations du collège, un petit évènement cachait un problème complexe et il y a « embrouille », nous savons que les « embrouilles » peuvent vite déboucher sur le « souk » bien connu des enseignants, les boulettes de papiers en moins, Internet ne permettant pas encore cette prouesse. Un des mails s’intitulait d’ailleurs « pouce », c’est dire ! Mais le NPA n’est pas un bac à sable, une organisation plus adulte des débats a permis l’écriture de textes, un vote consultatif au dernier CPN, l’organisation de débats et de votes pour le congrès. Le parti s’est emparé démocratiquement de la question.

A propos de quoi ça se chamaille ? Tentons d’être objectif

Une position rappelle, qu’il existe une offensive réactionnaire qui s’appuie, entre autres, sur les courants religieux les plus réactionnaires. Elle affirme que toute personne qui se reconnaît dans les principes du parti, est un militant à part entière, considérant que le voile islamique est un symbole religieux d’oppression des femmes, elle insiste sur le fait que le parti ne peut être représenté par ce « signe ». Elle sous-entend donc que c’est le « signe religieux » porté par le ou la militant-e qui représente le parti.

Une autre rappelle que le NPA souhaite bâtir une société laïque dans le respect de la liberté de culte et d’expression. Ainsi, elle condamne la discrimination qui s’exerce sur les musulman-es tout en dénonçant les pressions sexistes exercées sur les femmes dans certains courants religieux. Elle considère que les croyances des militants pratiquant une religion son du ressort du choix personnels, que ceux-ci peuvent postuler à la candidature s’ils prouvent que leur convictions religieuses sont secondaires à leur engagement politique.

Une troisième position nuance ce mode de postulat à la candidature en affirmant simplement que tous les candidats doivent défendre exclusivement les principes du NPA et son programme, donc la laïcité. D’autre part elle s’oppose à l’imposition du voile tout comme à son interdiction, considérant qu’on ne peut désigner un sens unilatéral et univoque au voile.

Enfin, la position du comité quartier populaire du Vaucluse rappelle la nécessité d’unir les opprimés quelle que soit leur apparence, leur croyance, leur origine… Elle reconnaît les difficultés que cela suppose pour dialoguer et faire tomber les préjugés. Elle souhaite que les candidats du NPA aux élections soient désignés démocratiquement sans prendre en considération leur appartenance religieuse ou non. Leur motion n’a pas obtenu la majorité au vote consultatif du dernier Conseil de Politique National, c’est une des raisons de leur départ.

Peut-on trouver un terrain d’entente ?

Alors, caprice parce qu’ont leur a pris leur pelle et leur saut ou blessure profonde et désaccord politique ? Souvenons-nous de notre détresse d’enfant lorsque nous n’étions pas compris, entendu ou que, comme nous affirmions que la guerre en Irak, en Algérie, au Viêt-Nam, au Kossovo était « carrément nulle » (sur conseils avisés des parents), nous n’avions pas le « droit » de jouer avec le groupe le plus populaire. Ce départ n’est pas un caprice, il est le résultat de l’incapacité, de tous, je dis bien de tous, à dialoguer, à entendre, à prendre en compte la parole de l’autre. Et ce y compris dans des débats qui dépassent le programme politique et les choix stratégiques. Bref, à savoir mêler l’argumentaire et l’empathie.

Nous pouvons, nous devons, être interpellés par cette situation. Il est très net que, croyants ou non cette question est épidermique pour beaucoup. Ce qui est paradoxal concernant des personnes athées dont on attend d’habitude qu’elles ne se réfèrent pas à de l’immuable dogmatique, je vous l’accorde. Mais nous voyons bien que les militants, quelle que soit leur position, sont touchés profondément et se sentent atteints dans l’intime. La première chose à faire est donc d’accueillir toutes les réactions et d’en prendre acte. Et puis ? Peut-être pouvons-nous continuer comme avant, militer ensemble sans évoquer cette question. Ca ne semble plus possible d’un côté comme de l’autre.

Le comité QP 84 a peut-être fait des erreurs, je ne suis pas spécialiste de toutes les discussions qui les ont secoués depuis leur création. Je n’ai donc pas un avis tranché sur cet évènement précis, notamment parce que le discours est quasi exclusivement lié à la religion musulmane et à l’islamophobie. L’accusation de racisme est indigne, ceux et celles qui la profèrent ne prennent pas en compte la complexité. Le « bon débarras » l’est tout autant et pour les mêmes raisons.

L’enjeu concerne le mouvement social dans toutes ses composantes : est-ce que toutes les personnes qui s’en réclament et en défendent honnêtement les valeurs peuvent militer ensemble, créer une force politique et de luttes large dans le but de changer le système ? Ceux qui le souhaitent malgré leurs divergences politiques sont ils aussi capables de dépasser les origines sociales, culturelles, religieuses ou philosophiques ? Par ailleurs il s’agit pour la gauche de la gauche de s’emparer d’un fait de société, de dépasser le discours selon lequel un changement économique règlerait un problème bien plus vaste.

Il n’y a pas ceux qui ont tout compris et les autres ! Croyants ou mécréants convaincus, peu importe, il y a urgence à construire ensemble des alternatives et à améliorer la vie de tous et toutes. Stéphane Lavignotte et moi-même avons reçu plusieurs réactions au texte « Croyants et anticapitalistes : t’y crois toi ? ». Nombreuses sont celles qui soulignaient l’utilité de notre démarche. Un camarade m’a fait remarquer fort justement que les militants non-croyants aussi s’émerveillaient, avaient des utopies et s’enthousiasmaient. Bien sûr ! Il y a en chacun de nous, à part chez ceux que je nomme les illuminés, du savoir et de la foi, quel que soit le nom qu’on lui donne. On nous a aussi reproché de partir du principe que des militants refusaient de voir des croyants à leur côté dans les luttes. Ce n’était pas notre propos. Ces mêmes personnes nous rappelaient que, oui, elles étaient d’accord pour militer avec des croyants… à condition qu’ils ne le montrent pas par des « signes ». Et c’était bien là le propos, nous voulions pointer que nous n’étions pas des sous-militants, qui devraient cacher une partie de leur personnalité. D’autres m’ont affirmé qu’ils ne voyaient pas pourquoi eux aussi ne pourraient témoigner de leur athéisme et de la valeur profonde qu’il a pour eux. Et c’était bien là encore notre propos ! D’ailleurs, il me semble qu’ils ne s’en privent pas, et tant qu’ils respectent une qualité de relation entre camarade, c’est une bonne chose.

Où va-t-on ?

Est-ce la candidature d’une femme qui porte un foulard qui a permis d’ouvrir cette boîte de Pandore au NPA ? Peut-être, mais dans les autres partis la question est réglée avant même d’avoir été débattue. Et force est de constater, bien que j’aie souhaité que la question n’eût pas à se poser, que le débat présente un enjeu : la gauche radicale est-elle inclusive ou exclusive ?

Le NPA se donnait à sa création comme objectif de « réunir le meilleur des traditions ouvrières », le Front de Gauche ne cesse d’appeler à un rassemblement des forces de gauche. Construire un mouvement exclusif ou qui s’afficherait inclusif, mais « sous réserve que… » serait non seulement contraire aux principes énoncés, mais aussi dangereux. En effet, si les croyants ne militent qu’entre eux, nous courrons le risque du prosélytisme ou de souhaiter le Royaume sur Terre « au nom de Dieu » et non au nom des gens.

Le christianisme social doit continuer son intervention dans le monde, religieux comme profane, en se donnant les moyens d’être efficace et respectueux des convictions de chacun.

Héloïse Duché, Paris, décembre 2010

  • #1 Le 28 novembre 2012 à 10:28, par Perin

    Je me suis fait jeter du N.P.A. car, contre le voile, donc "islamophobe" donc "raciste". Je suis contre toutes les religions, et ce n’est pas cette attitude qui va me faire changer d’avis. Bises à toutes et tous G.P.


  • #2 Le 28 décembre 2012 à 08:27, par DehEqox

    Мы больше не верим в кусочек бумажки, на котором написано « Должностная инструкция »

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