Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche
Appel pour une relance du christianisme social, pour des communes théologiques

Accueil > Noël : Mère Teresa entendait des bébés pleurer dans les poubelles de calcutta. (...)

Article publié

Noël : Mère Teresa entendait des bébés pleurer dans les poubelles de calcutta. Jésus lui aussi est né dans une poubelle

samedi 25 décembre 2010, par :

Mère Teresa de Calcutta était professeur d’anglais. Elle enseignait à Calcutta dans un collège chic fréquenté par de jeunes filles sages à l’abri du besoin. Le soir en sortant de ses cours, elle entendait régulièrement des bébés pleurer dans les poubelles qui bordaient les rues qu’elle traversait pour rentrer chez elle. Continuer à enseigner l’anglais à de jeunes filles riches ou aller fouiller les poubelles pour y récupérer les bébés, un choix s’imposa. Elle décida de s’occuper de ceux qui vivent des ordures et dans les ordures. Jésus lui aussi est né dans une poubelle.

Jésus né dans la crèche : une image tout sauf mièvre

Le petit Jésus dans la crèche traine derrière lui une image bien mièvre : le petit Jésus est rose, les animaux sont beaux et lui procurent de la chaleur, ses parents et les bergers sont émerveillés, la mangeoire tapissée de paille est confortable.

C’est sans nul doute une autre réalité qui s’offre à nous : Nul part où se loger, nul par où accoucher. Voilà la petite famille pas plus haut qu’au rang des animaux, le fragile bébé nait au milieu d’eux et de leurs excréments, dans une étable misérable. Son berceau est une dure mangeoire à bestiaux comme d’autres naitraient dans une poubelle. Oui, on pourrait dire qu’objectivement la jolie famille était « dans la merde » ce soir là. Et pourtant, malgré tout, la magie de la naissance opère et elle semble faire oublier les conditions précaires : la naissance d’un enfant est toujours un miracle, un petit être qui réalise en lui une centration formidable, les poings fermés il parle autant qu’il se tait, il voit autant qu’il a les yeux fermés. C’est une joie profonde et intense pour ses parents et les bergers.

C’est dans la fragilité qu’une force se manifeste

Né entre le bœuf , animal considéré comme pur chez les juifs ; et l’âne animal considéré impur ; le voilà qu’il se situe entre le pur et l’impur, entre le touchable et l’intouchable : pour les relier, pour les abolir, pour dire que dès lors les antagonismes n’ont plus leur place dans ce monde nouveau qu’il inaugure.

Ce petit enfant vient annoncer un renversement des valeurs, une révolution des cœurs : Ce qui est méprisé et pauvre aux yeux du monde, ceux qui sont au ras du pavé, au ras du crottoir, Dieu a choisi d’y prendre place sous les traits du plus fragile de tous les êtres : un bébé né entre le pur et l’impur pour qu’il n’y ait plus de classes, pour qu’il n’y ait plus de guerres, pour qu’il n’y ait plus d’exclusions, pour qu’il n’y ait plus de murs dans notre monde et entre nous.

Jésus un anti héros

Israël attendait depuis des siècles un prophète puissant, un roi glorieux, un guerrier triomphant, un héros qui la délivrerait des menaces extérieures. Mais voilà que nait un anti héros sous les traits d’un bébé :

Connaissez-vous la Statue de Louis XIV qui se trouve à l’entrée du château de Versailles ? Cette statue le montre triomphant en chef de guerre, monté sur un puissant cheval. Mais il n’en n’est rien pour notre anti héros d’il y a 2000 ans : il s’incarne dans un bébé né dans une famille pauvre. Devenu adulte il arrivera à Jérusalem dans une scène des plus ridicules : sous les acclamations de la foule, monté sur un... âne ! Plus tard encore, en lieu et place d’une couronne d’or et vêtu d’habits de sacre, c’est nu et affublé une couronne d’épines que notre anti héros sera monté sur la croix . Le jour de sa résurrection, c’est à peu de monde qu’il se montre, sans tapage et sans fracas, ses amis même ne le reconnaissent qu’au moment du repas.

Une inversion des valeurs

La force de Noël se trouve dans la fragilité, dans la fragilité d’un bébé, dans la fragilité d’une famille, dans la fragilité de leurs conditions de vie précaires. Une annonce est faite aux pauvres, à ceux qui sont sans voix, à ceux qui sont sans toit, à ceux qui ne sont rien, à ceux qui n’ont rien, à ceux qui naissent dans les poubelles ou qui sont à deux deux doigts d’y vivre. C’est là que Dieu a choisi de naitre. Et cette annonce se fait dans la plénitude d’une naissance, dans la douce joie d’une famille qui malgré sa précarité est comblée de grâces, émerveillée par la naissance de son enfant. Cette intense plénitude nous y avons droit : elle une pause, un répit, une espérance, une trêve de Noël, au milieu de nos fatigues, de nos fragilités et de nos découragements, de nos mises en échec, en dépit de nos conditions de vie, en dépit des déboires, des soucis, des pressions ou des incertitudes.

Diakoneo

  • #1 Le 28 décembre 2010 à 14:32, par baillergeau

    Je plussois à ta perception du Christ.

    J’écarte un retour à Saint François d’Assise ou Valdo, car je ne crois plus à la table rase, la couche de sang y est trop épaisse.
    Je crois à l’importance de l’impact de mesures radicales qui touchent au cœur des pratiques qui reposent sur des valeurs qui n’ont rien à voir, ni avec l’amour, ni avec l’oxymore de la puissance et faiblesse. Et pourtant…

    Et pourtant, il faut bien trouver les raisons bibliques des mesures qui répondraient aux questions suivantes :

    Pourquoi limiter l’espace des paradis fiscaux ?
    Pourquoi augmenter la part de réserves de précaution de tous les opérateurs financiers sur les marchés des capitaux, et pas seulement des banques ?
    Pourquoi interdire les sur-rémunérations chez les patrons et les traders ?
    Pourquoi interdire la circulation de produits dérivés déconnectés de tout contrat d’économie réelle ?


  • #2 Le 29 décembre 2010 à 13:28, par Diakoneo

    Pour ma part je crois encore à l’impact de nos gestes, de nos paroles, de nos faire, de nos ressentis, au cœur de nos pratiques de regarder et d’être : pour tout de suite et maintenant. Je crois qu’ils ont la capacité de construire ou de dégrader ici et maintenant. Je pense la révolution des pratiques d’être et de faire en ne la reportant pas à plus tard ou en ne la reportant sur les autres, mais en commençant par moi ici et maintenant, par ce que j’ai sous la main, car je crois qu’ils sont contagieux. Ce "ici et maintenant" permet parfois de réaliser déjà dans la relation un peu de ce nous espérons : et c’est souvent déjà beaucoup :

    - Limiter l’espace des paradis fiscaux.
    - Stopper l’augmentation la part de réserves de précaution de tous les
    opérateurs financiers sur les marchés des capitaux, et pas seulement
    des banques.
    - Empêcher les sur-rémunérations chez les patrons et les traders
    - Stopper la circulation de produits dérivés déconnectés de tout contrat
    d’économie réèle.

    Amitiés, Diakoneo



Un message, un commentaire ?
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Qui êtes-vous ?
  • [Se connecter]

SPIP | | Plan du site | Crédits et contacts