On aime très fort le vent des nuits d’été, la chaleur
d’un feu de bois les jours d’hiver. On aime un autre que soi-même. Parfois.
Souvent. Toujours. Alors s’installe en nous l’étrange capacité que nous avons
de vivre heureux. On va pleurer, c’est sûr. D’amour. Pas moins, pas plus. C’est
déjà, là, le sens profond de toute la comédie humaine. Vaudeville sorti des
seuls déboires de l’Homme, l’Histoire est bien risible en somme : nous
n’avons rien construit et tout nous fût donné. C’est bien la seule des théories
que nous puissions, en connaissance de cause, reconnaître comme nôtre, si tant
est que nous puissions avoir la moindre honnêteté. L’évidence des coups reçus
n’a pas d’alternative réelle. Nous sommes bien informés sur l’envie que nous
avons de vivre. Vivre. Un peu. Plein de l’étonnant bonheur qu’ont les Hommes de
se savoir mortels. Ne passer là qu’un peu, trainer quelques instants sur cette
terre, s’évaporer dans l’amour qui souvent vient. Nous sommes tranquilles,
apaisés, certains qu’après la mort nous nous retrouverons tous, pour glisser
sur le temps, les brumes et l’océan. La contradiction ne doit plus nous faire
peur : nous avons trop souffert pour cela. Fort heureusement restent la
poésie, le rêve et l’incompréhensible prière que nous portons vers cet Inconnu
dont nous acceptons tous les bienfaits, y compris malgré nous.
L’incompréhensible prière : une heure passée près d’un point d’eau dans un
verger pendant la guerre, le miracle à la portée du plus incrédule des
humains.
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Article publiéL’incompréhensible prière.
dimanche 17 octobre 2010, par :
Bon. C’est le bordel. On va pleurer, encore. On va tuer les voisins,
assassiner son chien, bouffer du cheval. Demain sera éternellement demain.
Seulement voilà, on aime.
